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Être parent sans stress : comment fonctionne la « Baby Hotline » ?

Dernière mise à jour
21.09.26
Martine Blasius and Maria Eudier
Martine Blasius and Maria Eudier

Être parent est une immense joie, mais l'anxiété et les conseils contradictoires peuvent parfois être accablants, surtout lorsqu'on est loin de ses proches. Découvrez comment Initiativ Liewensufank et sa ligne d'assistance gratuite pour les bébés aident les familles à retrouver confiance et sérénité depuis 40 ans.

Baby Hotline service in Luxembourg

Hans, Unsplash

Pourriez-vous nous présenter brièvement l'Initiativ Liewensufank et sa mission auprès des familles au Luxembourg ?

Initiativ Liewensufank est une association à but non lucratif qui accompagne les familles au Luxembourg pendant la grossesse, autour de la naissance et tout au long des premiers temps de la vie avec un enfant. Notre rôle consiste à fournir des informations fiables, des conseils professionnels et un soutien concret pendant cette période souvent très intense .

Cette année, votre organisation fête son 40e anniversaire. Comment votre travail a-t-il évolué au fil du temps ?

Notre mission fondamentale n’a pas changé : nous voulons soutenir les parents, les écouter et les aider à trouver leur propre voie. Le contexte dans lequel vivent les familles aujourd’hui a changé. De nombreux jeunes parents bénéficient d’un soutien familial moindre, le quotidien est plus exigeant et ils sont souvent confrontés à un flot d’informations parfois contradictoires. C’est pourquoi nos services ont également évolué, en mettant davantage l’accent sur un soutien facilement et rapidement accessible, comme la Baby Hotline.

La ligne d'assistance pour les bébés existe depuis 1989. Pourquoi a-t-elle été créée ?

Elle a été créée pour offrir aux parents un point de contact simple et accessible. Au moment de la naissance et pendant les premiers mois avec un bébé, de nombreuses questions surgissent soudainement, souvent juste au moment où on a besoin d’un conseil immédiat. Il n’est pas toujours nécessaire de prendre un rendez-vous complet, mais un simple échange avec un professionnel peut déjà faire toute la différence. C’est l’idée qui sous-tend la Baby Hotline : un soutien gratuit, confidentiel et, si nécessaire, anonyme.

Quelles sont les questions les plus fréquentes que se posent les futurs parents ou les nouveaux parents ?

Les sujets abordés sont très variés. De nombreux appels portent sur l'allaitement, la période post-partum, le sommeil, les pleurs excessifs, l'alimentation complémentaire, le portage ou le développement de l'enfant. Nous recevons également des questions concernant la préparation à l'accouchement, le sevrage, le désir d'avoir un enfant ou le retour au travail. Derrière une question spécifique se cache souvent un besoin plus général de réconfort, de conseils et d’encouragements.

La ligne d'assistance pour bébés reçoit plus de 600 appels par an. Que vous inspire ce chiffre ?

Cela montre à quel point le besoin d'un soutien fiable et facilement accessible est réel. Au départ, de nombreux parents ne recherchent pas un suivi à long terme ; ils recherchent un premier interlocuteur professionnel qui les écoute, les aide à comprendre la situation et leur offre des conseils. Le nombre d’appels montre clairement que ce type de soutien répond à un besoin très concret dans la vie quotidienne des familles.

De nombreux parents se sentent dépassés par les informations contradictoires disponibles sur Internet. En quoi la Baby Hotline peut-elle les aider ?

Nous constatons cela très souvent. Les parents ne manquent pas forcément d’informations ; dans de nombreux cas, ils en ont déjà trop, et celles-ci ne sont pas toujours cohérentes. Notre rôle est de les aider à y voir plus clair : qu’est-ce qui est pertinent à l’heure actuelle, qu’est-ce qui correspond à la situation de cette famille, et qu’est-ce qui est adapté au stade de développement de cet enfant ? Nous ne proposons pas de réponses toutes faites. Nous aidons les parents à replacer les informations dans leur contexte.

Le Luxembourg est un pays très international. Les familles d'expatriés sont-elles confrontées à des difficultés particulières ?

Oui, très souvent. De nombreuses familles internationales vivent ici sans réseau familial proche. Après une naissance, cela peut être particulièrement difficile : ce qui manque, ce n’est pas seulement une aide pratique, mais parfois aussi un environnement familier et rassurant. À cela s’ajoutent parfois des barrières linguistiques, culturelles ou administratives. C’est pourquoi il est d’autant plus important de disposer de services d’accompagnement accessibles et inclusifs.

Pourriez-vous donner un exemple concret d'une famille qui a bénéficié de cette aide ?

Un exemple courant est celui d’une famille qui nous contacte parce que son bébé pleure beaucoup, a du mal à s’apaiser, et que les parents sont complètement épuisés. À ce stade, ils ont souvent déjà reçu de nombreux conseils bien intentionnés mais contradictoires et ne savent plus sur quoi s’appuyer. Notre première tâche consiste à apaiser la situation, à écouter attentivement et à aider à clarifier les prochaines étapes. Le simple fait de se sentir écouté et pris au sérieux peut déjà être un grand soulagement. Si nécessaire, cela peut ensuite déboucher sur un accompagnement plus approfondi.

Pourquoi votre approche multidisciplinaire est-elle si importante ?

En effet, les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes familles ne se limitent généralement pas à un seul domaine. Un problème d’allaitement peut être lié à l’épuisement, un trouble du sommeil à un sentiment d’insécurité au quotidien, et une question relative au développement peut également être liée à une tension émotionnelle. Le fait de réunir différentes perspectives professionnelles au sein d’une même équipe nous permet d’apporter une réponse plus globale et plus concrète.

La demande ne cesse de croître. Quelles ressources supplémentaires vous seraient les plus utiles ?

La « Baby Hotline » et les « consultations de service » sont financées dans le cadre d’un accord avec le ministère de l’Éducation, de l’Enfance et de la Jeunesse. Compte tenu de la demande croissante, nous avons déposé une demande de postes supplémentaires et espérons obtenir une réponse favorable l’année prochaine. Les chiffres de 2025 montrent clairement que ce besoin est réel : la Baby Hotline a enregistré 601 appels, soit une augmentation de 11 % par rapport à l’ année précédente. En outre, 262 consultations avec des doulas ont eu lieu au cours des six premiers mois suivant la naissance (+20 %), ainsi que 174 consultations individuelles sur divers sujets (+27 %). Pour garantir que les familles puissent continuer à bénéficier d’un soutien rapide et fiable, il est essentiel de disposer d’un personnel suffisant et d’un financement durable .

Vous avez récemment ouvert le Baby Hotline-Café à Itzig. Que peuvent y trouver les parents ?

Il s'agit d'un espace ouvert, sans rendez-vous, où les parents peuvent venir poser des questions, échanger leurs expériences et rencontrer d'autres parents. Les sujets abordés vont de l'allaitement maternel à l'alimentation complémentaire, en passant par le quotidien avec un bébé. Mais c'est aussi tout simplement un lieu où l'on peut discuter dans une ambiance détendue. Nous voulions créer, en complément du service téléphonique, un espace de rencontre.

Quel message aimeriez-vous adresser aux parents qui hésitent à demander de l'aide ?

Qu'ils ne sont pas seuls. Être parent peut être merveilleux, mais cela peut aussi être exigeant et parfois déstabilisant. Demander de l'aide n'est pas un signe de faiblesse ; c'est souvent une démarche utile et importante. Il n'est pas nécessaire d'attendre que la situation devienne insurmontable pour demander de l'aide.

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