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La numérisation du secteur public luxembourgeois s'accélère

Dernière mise à jour
17.07.26
Luxembourg digital transformation

Rodion Kutsaiev, Unsplash

Le Centre des technologies de l'information de l'État (CTIE) est le principal acteur de la modernisation du système d'administration publique au Luxembourg. Selon son directeur, Patrick Houtsch, cette organisation, créée en 1974, comptait 650 collaborateurs à l’occasion de son cinquantième anniversaire, et son budget annuel s’élevait à 192 millions d’euros. Le CTIE exploite actuellement des plateformes pour divers ministères et gère le portail guichet.lu, qui prend en charge plus de 2 000 démarches administratives, tant en ligne que hors ligne. Par ailleurs, le centre supervise le registre national des personnes physiques et la délivrance des cartes d’identité. En raison de la demande croissante de services numériques, la charge de travail du personnel a considérablement augmenté : environ 350 projets sont actuellement développés en parallèle, et 90 autres sont en attente.

Dans un contexte marqué par des défis de plus en plus nombreux, l’accent est particulièrement mis sur la mise en œuvre de l’intelligence artificielle. Patrick Houtsch souligne néanmoins l’importance cruciale de la souveraineté technologique. Contrairement aux systèmes contrôlés par les grandes entreprises américaines, le gouvernement luxembourgeois s’engage à traiter les données localement, dans ses propres centres de données. Pour mettre en œuvre cette stratégie, un partenariat a été conclu avec la société parisienne Mistral, permettant l’utilisation de modèles linguistiques européens au sein d’un périmètre informatique sécurisé. Un chatbot spécialisé a notamment été lancé à l’intention des administrations publiques, auquel 14 000 fonctionnaires ont déjà obtenu l’accès. Cet outil est exclusivement destiné à aider le personnel à trouver des informations et à automatiser les tâches routinières, et non à supprimer des emplois.

Parallèlement, le processus de numérisation exige un contrôle rigoureux de la protection des données à caractère personnel. Cela vaut tout particulièrement pour l’initiative « Once-Only », dont l’objectif est d’éviter aux citoyens d’avoir à fournir à plusieurs reprises les mêmes informations à différents services administratifs. Par ailleurs, le libre échange de données entre les organismes publics est interdit : les informations ne sont transmises que dans le cadre d’une procédure spécifique lancée par l’utilisateur lui-même. Ainsi, l’automatisation et l’intelligence artificielle sont considérées comme des outils permettant d’améliorer l’efficacité du secteur public, dont l’utilisation est strictement encadrée par des exigences en matière de confidentialité et de souveraineté numérique.

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Dernière mise à jour
17.07.26

Les sources des photos utilisées: Rodion Kutsaiev, Unsplash

Auteurs: Alex Mort