Le patrimoine des ménages diminue rapidement

Ronnie George, Unsplash
Selon les dernières données de la Banque centrale du Luxembourg, la fortune nette moyenne des ménages s'élevait à 1,157 million d'euros en 2023. Malgré ce chiffre impressionnant, une fois corrigé de l'inflation, il représente une baisse de 18 % par rapport à la période précédente. Les économistes attribuent cette tendance négative principalement à une correction des prix de l'immobilier et à une baisse de la valeur des actifs boursiers, qui a directement touché les couches les plus aisées de la population.
Le processus d'accumulation de capital est compliqué par la baisse de l'accessibilité au logement. La proportion de ménages propriétaires de leur logement est tombée à 61,7 % en 2023, contre 65,6 % en 2021. À titre de comparaison, en 2018, près de 70 % des résidents étaient propriétaires. Parallèlement, 32 % des ménages possèdent encore un bien immobilier en plus de leur résidence principale. Par ailleurs, la possession d'une voiture reste très répandue : 84,2 % des familles possèdent au moins un véhicule, même si l'on observe ici aussi un léger recul de l'intérêt.
Alors que la valeur des actifs était en baisse, les revenus des ménages ont, en revanche, affiché une hausse. Le revenu brut moyen s’est établi à 125 000 € par an, tandis que la médiane s’élevait à 96 600 €, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2021. Les experts de la banque attribuent cette évolution à l'efficacité du système d'indexation des salaires, qui couvre 79 % des ménages du pays. Néanmoins, les niveaux de prospérité restent fortement liés au statut social : les locataires restent nettement plus pauvres que les propriétaires, et les couples mariés accumulent davantage de richesse que les célibataires ou les personnes divorcées.
Malgré les fluctuations macroéconomiques, la répartition des richesses au Luxembourg est restée systématiquement inégale depuis 2010. Le 1 % des ménages les plus riches détient 13 % de la richesse nette totale du pays, tandis que les 10 % des ménages les plus riches contrôlent près de la moitié de l’ensemble des actifs, soit 47 %. À l’inverse, les 50 % les plus pauvres de la population ne détiennent collectivement que 9 % de la richesse nationale. L’existence d’un groupe représentant 2 % des ménages en situation de « patrimoine négatif », dont les dettes dépassent la valeur totale de leurs actifs, reste un signe inquiétant.





