Au Luxembourg, les pommes de terre se sont avérées trop petites

Jan Antonin Kolar, Unsplash
Le secteur agricole luxembourgeois a subi de graves conséquences suite à la sécheresse estivale et aux vagues de chaleur extrêmes. Selon la ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, la récolte de pommes de terre de cette année s’est avérée trop faible, ce qui la rend impropre à la transformation industrielle, notamment pour la fabrication de chips. Parallèlement, la situation concernant les cultures céréalières reste contrastée. Selon Steve Turmes, directeur de la coopérative Saatbau-Genossenschaft, les cultures d'hiver telles que le blé, l'orge, le seigle et le triticale étaient d'une qualité acceptable, tandis que les rendements n'étaient que légèrement inférieurs à la moyenne à long terme.
Les cultures de printemps ont toutefois été beaucoup plus durement touchées. Serge Turmes, directeur général de De Verband, a constaté une baisse de 10 à 15 % tant en volume qu’en qualité des cultures de printemps par rapport à l’année dernière. La cause principale en est la vague de chaleur exceptionnelle de fin juin, durant laquelle les températures ont dépassé les 40 degrés Celsius dans la commune de Remich. Néanmoins, certaines cultures, notamment le colza d'hiver, l'épeautre et l'avoine, ont résisté à ces conditions défavorables en subissant moins de pertes.
Les agriculteurs sont particulièrement préoccupés par la pénurie d'aliments pour animaux. Alors que les deux premières coupes de foin des pâturages étaient de bonne qualité, la troisième coupe a été presque entièrement perdue en raison des dégâts généralisés subis par les terres. En conséquence, de nombreuses exploitations agricoles ont déjà commencé à puiser dans leurs réserves d'hiver. Le maïs d'ensilage a dû être récolté à une date record cette saison : la récolte dans les champs les plus touchés a commencé dès la fin juillet. Martine Hansen souligne que le régime d’assurance public couvre 65 % du coût des polices d’assurance contre les mauvaises récoltes ; toutefois, l’indemnisation financière ne suffit pas à pallier la pénurie physique de fourrage actuellement observée dans toute la Grande Région.
Outre les facteurs climatiques, les crises géopolitiques continuent d’exercer une pression sur la rentabilité agricole. Serge Turmes souligne que, malgré une hausse de 10 à 12 % des prix des céréales, la production reste non rentable en raison d’une forte augmentation du coût des intrants et des engrais. Une situation similaire se dessine sur le marché du colza : son prix a considérablement augmenté à la suite de la flambée des cours mondiaux du pétrole provoquée par l’instabilité au Moyen-Orient ; toutefois, cette hausse ne compense pas la hausse des coûts supportés par les agriculteurs, d’autant plus que les volumes de récolte sont en baisse.
Les subventions publiques restent d'une importance capitale. Martine Hansen et Steve Turmes (Steve Turmes) s'accordent à dire que sans le soutien financier de la Politique agricole commune, le secteur deviendra non viable et l'Europe risque de devenir entièrement dépendante des importations alimentaires. Selon les représentants du secteur, les décideurs politiques doivent faire un choix définitif : maintenir une production nationale durable ou compter entièrement sur les approvisionnements extérieurs.





