Le Luxembourg se prépare minutieusement à faire face aux incendies de forêt

Emma Renly, Unsplash
Les experts forestiers luxembourgeois affirment que le risque d’incendies de forêt à grande échelle dans le pays est nettement inférieur à celui observé en Europe du Sud. Sur les plus de 92 000 hectares de forêts, qui couvrent environ un tiers de la superficie du pays, la moitié appartient à des propriétaires privés. La prédominance des essences à feuilles caduques par rapport aux conifères, ainsi que la présence d’espaces ouverts entre les zones forestières, constituent des barrières naturelles contre la propagation du feu. Néanmoins, le service d’incendie et de secours du CGDIS maintient un niveau élevé de préparation.
Les peuplements de conifères, affaiblis par le manque d'eau et infestés de scolytes, sont les plus vulnérables. Les aiguilles flétries et le bois sec d'épicéa s'enflamment facilement. La loi impose l'abattage de ces arbres afin de maîtriser les populations de ravageurs et de réduire les risques d'incendie ; toutefois, l'Agence pour la nature et les forêts (ANF) cherche à préserver une partie du bois mort afin de favoriser la biodiversité et la régénération naturelle de la forêt. La difficulté à éteindre les incendies dans ces zones a été mise en évidence par un incident récent survenu près de la commune de Consdorf, où un feu de champ s’est propagé à une zone boisée, nécessitant le déploiement de 75 pompiers.
Pour faire face à de telles situations d'urgence, les services de secours disposent d'une flotte de véhicules spécialisés. Selon Paul Schroeder, directeur général du CGDIS, 25 des quelque 100 centres de secours du pays sont équipés de véhicules tout-terrain dotés de pneus spéciaux et de réservoirs d’eau d’une capacité pouvant atteindre 10 000 litres. La caserne de Lintgen, notamment, dispose de trois véhicules de ce type. Les experts soulignent que l’état des clairières luxembourgeoises ne nécessite pas la création de coupe-feu supplémentaires ; toutefois, la responsabilité du maintien de la sécurité de ces zones incombe entièrement aux propriétaires forestiers privés.





