314 enseignants ont peur de retourner à l'école

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Les résultats d’une enquête nationale menée par le syndicat SEW/OGBL entre fin janvier et mi-avril mettent en évidence une grave crise de la sécurité au sein des établissements scolaires. Sur les 1 115 personnes interrogées, 820 ont déclaré avoir été personnellement victimes d’actes de violence au cours des 12 derniers mois. Le fait le plus alarmant est la fréquence des incidents : 314 enseignants (environ 38 % des personnes concernées) sont victimes d’agressions entre une et cinq fois par semaine. Joëlle Damé, représentante du SEW/OGBL, a souligné que cette ampleur révèle la nature structurelle du problème, plutôt que des exceptions isolées.
Les statistiques montrent que les élèves constituent la principale source de menaces, même si un tiers des personnes interrogées ont également signalé des comportements agressifs de la part des parents ou des tuteurs. Si les insultes restent la forme la plus courante, la violence physique n’en est pas moins préoccupante. Au cours de l’année écoulée, 450 enseignants ont été agressés, dont 233 ont subi des blessures physiques et 64 ont dû recevoir des soins médicaux spécialisés. Néanmoins, une « culture du silence » persiste au sein du secteur éducatif, alimentée non seulement par les complexités bureaucratiques, mais aussi par la crainte de la réaction de la direction.
Vera Dockendorf, du SEW/OGBL, a fait remarquer que de nombreux enseignants se sentent abandonnés par les structures hiérarchiques. Souvent, le fait de déposer une plainte officielle se solde par un traitement dédaigneux de la part de l’administration scolaire, qui préfère ignorer l’incident plutôt que de s’attaquer aux causes profondes de la violence. Le syndicat s’est dit profondément préoccupé par le fait que l’agressivité est systématiquement banalisée et que les intérêts des auteurs sont souvent prioritaires par rapport à la protection des victimes. Dans certains cas, les parents sont contraints de retirer leurs enfants de l’école pour les protéger d’un environnement agressif.
Face à l'inaction du ministère de l'Éducation, le syndicat a présenté une série de revendications visant à réformer le système de sécurité. Ces mesures comprennent la formation spécialisée du personnel, la mise en place d'un système de signalement unifié et la publication de rapports statistiques annuels sur les incidents. Le syndicat insiste pour que les enseignants bénéficient d’un soutien psychologique et juridique, que des canaux anonymes soient mis en place pour le dépôt de plaintes et que des campagnes de sensibilisation soient menées à l’échelle nationale. Le SEW/OGBL souligne que le mépris persistant de l’État à l’égard de cette question est inacceptable et nécessite une révision immédiate des approches en matière de gestion de l’environnement scolaire.





