Le Luxembourg modifie son système fiscal

Source: Karolina Grabowska on Unsplash
Le gouvernement luxembourgeois se lance dans l'une des plus grandes réformes fiscales de la décennie. Dans le cadre de l'accord de coalition 2023-2028, une catégorie fiscale unique - basée sur l'actuelle classe 1A - sera introduite dans le pays à partir de 2028. Cette décision, qui bénéficie du soutien de la quasi-totalité des partis parlementaires, a été discutée jeudi lors d'une réunion entre le ministre des finances, Gilles Roth, et l'association syndicale OGBL-LCGB.
L'une des principales innovations sera l'ajustement automatique du barème fiscal chaque fois que le mécanisme d'indexation des salaires est déclenché, c'est-à-dire lorsque l'inflation augmente. Selon le ministre, cette mesure permettra d'éviter qu'une augmentation du revenu nominal ne pousse artificiellement les citoyens vers des catégories d'imposition plus élevées, ce qui est l'un des défauts chroniques du système actuel.
Les syndicats eux-mêmes ont qualifié cette adaptation de "demande de longue date" et ont salué l'initiative, tout en regrettant que le mécanisme n'ait pas été introduit plus tôt.
La catégorie d'imposition unique vise également à réduire les impôts pour la majorité de la population. Pour ceux qui seraient perdants lors du passage au nouveau système, une période de transition a été prolongée de 20 à 25 ans - un compromis que les syndicats ont jugé raisonnable, bien qu'ils aient exprimé le souhait d'abolir complètement les limites de temps.
Bien qu'ils soutiennent les points essentiels, les représentants de l'OGBL et du LCGB soulignent que des inégalités structurelles subsistent dans le système fiscal. Il s'agit principalement de l'imposition préférentielle du capital, des revenus fonciers et des grandes fortunes, par rapport aux revenus du travail et aux pensions. La déclaration syndicale souligne que le projet de réforme soumis au parlement pour 2026 ne corrige pas ce déséquilibre.
Les syndicats exigent une restructuration plus profonde du système : il s'agit d'accroître la pression fiscale sur les hauts revenus et le capital, qui, dans le modèle actuel, bénéficient en fait d'avantages fiscaux. Ils insistent également sur l'équité fiscale, non seulement entre les salaires, mais aussi entre les différentes sources de revenus.
D'une manière générale, la réforme va dans le sens d'une simplification et d'une plus grande prévisibilité du système fiscal, mais le problème d'une redistribution équitable des revenus reste entier. Et, comme le soulignent les syndicats, si l'État veut vraiment instaurer la confiance sociale, il est nécessaire d'agir non seulement sur les salaires, mais aussi sur l'épargne.





