Une nouvelle ère fiscale s'ouvre au Luxembourg

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Le 6 janvier 2026, le gouvernement luxembourgeois a présenté un ambitieux paquet de réformes sociales et fiscales sous le slogan "Mateneen. Pour toute la famille. Fir all Kand". - "Ensemble. Pour chaque famille. Pour chaque enfant". L'accent est mis sur le renforcement du pouvoir d'achat, le soutien aux parents, en particulier aux parents isolés, et la lutte systématique contre la pauvreté des enfants. Le Premier ministre Luc Frieden a souligné que l'objectif de ces mesures est de donner à chaque enfant le meilleur départ possible dans la vie, quels que soient les revenus ou la situation matrimoniale de ses parents.
L'événement principal a été l'annonce du nouveau système fiscal : à partir du 1er janvier 2028, une classe d'impôt unique sera introduite au Luxembourg, remplaçant les catégories 1, 1a et 2 actuelles. Cela signifie la fin du système où le montant de l'impôt dépendait directement de l'état civil : il n'y aura plus de différence entre les célibataires, les mariés et les parents célibataires. En même temps, les personnes déjà imposées dans la catégorie 2 conserveront leurs privilèges pendant 25 ans.
Cette innovation repose sur plusieurs principes. Tout d'abord, elle reconnaît les formats familiaux modernes - le système fiscal ne "pénalise" plus les changements dans la vie personnelle, tels que le divorce ou le décès d'un conjoint. Deuxièmement, le minimum non imposable est porté à 26 650 euros au lieu de 13 230 euros pour la classe 1, ce qui réduit automatiquement la charge fiscale pour la plupart des citoyens. Le gouvernement estime que la réforme profitera à environ 85 % des contribuables actuels de la classe 2, et que personne n'y perdra.
Il y aura également une nouvelle déduction fiscale de 5 400 euros par an pour la garde d'un enfant de moins de trois ans. Cette mesure reconnaît la valeur du travail des parents lorsque l'enfant n'est pas encore à l'école maternelle. En outre, les familles pourront déduire les cotisations à l'assurance pension volontaire d'un partenaire qui quitte temporairement son travail pour s'occuper d'un enfant.
Une attention particulière est accordée aux familles monoparentales. Le crédit d'impôt pour les parents isolés passera à 4 008 euros par an et la déduction fiscale pour les enfants vivant séparément passera à 5 928 euros. Parallèlement, le plafond des déductions pour l'épargne-logement et les prestations d'assurance est relevé.
Une innovation importante est le mécanisme d'indexation automatique du barème fiscal sur l'inflation. Cela devrait protéger les revenus des citoyens contre les augmentations d'impôts cachées dues à la progression à froid, un phénomène dans lequel l'inflation entraîne une augmentation de la charge fiscale sans changement du revenu réel.
La réforme du chèque-service accueil (CSA), un système de chèques permettant de payer les jardins d'enfants et autres établissements d'éducation non formelle, est tout aussi importante. Elle vise à la fois à améliorer la qualité de l'enseignement préscolaire et à réduire la charge financière des parents.
Les services seront désormais tarifés en fonction du nombre d'heures effectives et non plus en fonction de forfaits fixes, ce qui permettra une plus grande flexibilité pour s'adapter aux besoins de la famille. En outre, 20 heures gratuites par semaine sont introduites pour les enfants âgés de 1 à 4 ans qui sont gardés par des nounous de jour.
L'impact économique total pour les familles est de 79 millions d'euros par an. Exemple : une famille avec un enfant de deux ans et un revenu de 2 à 2,5 fois le salaire minimum peut économiser jusqu'à 5064 euros par an. Les coûts seront couverts par l'État par le biais d'un remboursement direct aux centres de garde d'enfants.
En plus de l'allègement fiscal et de l'aide à l'éducation, le gouvernement augmente les allocations familiales. Les parents recevront 45 euros de plus par mois pour les enfants de moins de 12 ans et 60 euros de plus pour les enfants de plus de 12 ans. Une nouvelle aide est également prévue pour les familles à faibles revenus ayant des enfants scolarisés. Elle peut atteindre 3 000 euros par enfant et par an.
L'allocation pour la saison scolaire est augmentée de 60 euros pour les enfants âgés de 6 à 11 ans et de 90 euros pour les enfants de plus de 12 ans. Une quatrième catégorie est introduite pour les allocations de maternité et les principales prestations, y compris les allocations scolaires et spéciales, seront désormais automatiquement indexées.





