Un détecteur de métaux peut coûter un million d'euros

Evgeniy Kozlov, Unsplash
Au Luxembourg, l’utilisation de détecteurs de métaux, ainsi que la pratique dite de la « pêche magnétique », est strictement réglementée. Selon un avertissement de l’Institut national de recherche archéologique (INRA), toute personne souhaitant exercer ces activités doit suivre une formation spécialisée et obtenir une autorisation officielle du ministère de la Culture. Les contrevenants s'exposent à de lourdes sanctions financières : les amendes vont de 500 à 1 000 000 d'euros, en fonction de la gravité de l'infraction. Lorsque des cas d'utilisation illégale de ce type d'équipement sont détectés, les éléments de preuve sont directement transmis à la police pour enquête.
Selon David Weis, directeur de l’INRA, on constate depuis peu un regain d’intérêt marqué pour la chasse au trésor dans le but d’enrichir des collections personnelles. Le cadre législatif régissant ce domaine a été adopté en 2022 sur la base d’une convention du Conseil de l’Europe. Bien que la réglementation luxembourgeoise soit moins stricte que celle en vigueur en France, où cette activité est pratiquement interdite, elle poursuit des objectifs clairs. Une réglementation stricte vise à prévenir le vol d’objets du patrimoine culturel, à préserver les vestiges archéologiques et à protéger les citoyens du danger lié à la présence de munitions non explosées datant des guerres passées.
Parallèlement, de nombreux contrevenants ignorent totalement l’existence de ces restrictions légales. Comme le souligne David Weis, les détecteurs de métaux sont particulièrement populaires auprès des touristes néerlandais, pour qui la recherche d’objets sur les plages est un loisir courant. Pour légaliser cette activité au Luxembourg, les particuliers doivent suivre une formation gratuite, organisée chaque année en novembre et se déroulant sur deux vendredis. Au cours de ces sessions, les participants sont informés des aspects juridiques, mis en garde contre le danger que représentent les munitions anciennes dans certaines régions et initiés aux bases de l’archéologie : de l’identification des périodes historiques à la procédure à suivre en cas de découverte d’objets de valeur.
Chaque année, entre 30 et 40 personnes suivent ces formations, même si seul un tiers d’entre elles environ déposent ensuite une demande de licence. Bien que des cas d’utilisation illégale de ces appareils continuent d’être recensés, les statistiques montrent une baisse du nombre d’infractions ces dernières années. La direction de l'institut s'inquiète tout particulièrement de la vente de détecteurs de métaux spécialement conçus pour les enfants. Les mineurs n'étant pas autorisés à suivre une formation ni à demander la licence correspondante, l'utilisation de ce type d'équipement sur le territoire national leur est strictement interdite.





