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Luxtoday

Les plantes assainissent les zones industrielles de Uckange

Dernière mise à jour
17.08.26
Plants to clean soil in France

Roberta Sant'Anna, Unsplash

Sur le site d'une aciérie désaffectée de la ville française d'Uckange, située près de Thionville, une expérience scientifique est menée afin de dépolluer naturellement le sol des hydrocarbures et des métaux lourds. La responsable du projet, Sonia Henry, maître de conférences à l’Institut de technologie de l’Université de Lorraine, cultive des plantes spécialisées sur cette friche industrielle. L'espèce principale utilisée dans ces essais est l'herbe à éléphant (Miscanthus x Giganteus). Cette plante stimule l'activité des micro-organismes présents dans le système racinaire, ce qui contribue à retenir les métaux et à modifier la composition chimique du sol, favorisant ainsi la dégradation des polluants organiques.

Depuis 2022, l'ancienne aciérie sert de laboratoire à ciel ouvert pour tester des méthodes de phytoremédiation, c'est-à-dire le processus consistant à utiliser des plantes pour absorber, stabiliser ou décomposer les polluants. Cette initiative, menée par la communauté de communes du Val de Fensch en partenariat avec l’Université de Lorraine et l’Institut national de la recherche agronomique et de l’environnement (INRAE), vise à trouver des alternatives respectueuses de l’environnement à des méthodes coûteuses et agressives telles que le traitement chimique ou l’excavation des sols. La particularité de ce projet pilote réside dans l’utilisation de combinaisons de différentes espèces végétales. Outre le miscanthus, les scientifiques ont planté une autre espèce, dont le nom est pour l’instant tenu secret. Alors que le miscanthus décompose les composés organiques, cette deuxième plante est spécialisée dans l’élimination des polluants métalliques, en particulier le zinc.

La deuxième plante absorbe les métaux présents dans le sol et les accumule dans ses parties aériennes. Par la suite, cette matière végétale contaminée, qui ne rejette pas de polluants dans l’air, est collectée en vue d’une extraction ultérieure et d’une éventuelle réutilisation des métaux par un autre groupe de chercheurs. Cette approche permet de traiter à la fois les substances organiques et les polluants inorganiques – notamment le nickel, le chrome, le zinc et le cuivre – qui sont répartis de manière inégale sur le site d’Uckange. Selon Sonia Henry, le rythme de la dépollution dépend directement de la concentration des toxines et de leur biodisponibilité — une mesure de la facilité avec laquelle les systèmes racinaires ou les micro-organismes peuvent interagir avec les substances nocives. Il arrive parfois que les polluants soient si fermement liés aux particules du sol que le processus de dépollution s’en trouve moins efficace.

Bien que l'expérience n'en soit qu'à sa deuxième année, les premiers résultats montrent déjà des signes évidents de réussite en matière de décontamination des sols. Un suivi supplémentaire sera nécessaire pour évaluer pleinement l'impact à long terme et le temps nécessaire à l'assainissement complet du site d'essai. À terme, les chercheurs espèrent mettre au point un modèle opérationnel de phytoremédiation afin que cette technologie puisse être transposée à plus grande échelle et appliquée à d'autres sites industriels contaminés.

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Dernière mise à jour
17.08.26

Les sources des photos utilisées: Roberta Sant'Anna, Unsplash

Auteurs: Alex Mort