L'IA devrait aider les enfants à réfléchir, et non pas réfléchir à leur place.

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L'intelligence artificielle ne devrait ni être interdite dans les écoles ni être considérée comme un avantage inconditionnel, selon la conclusion à laquelle sont parvenus les participants à une conférence sur l'IA dans l'éducation qui s'est tenue au Luxembourg. Le ministre de l'Éducation, Claude Meisch, a souligné que le rôle des écoles est de servir de guide, une sorte de « boussole » qui aide les enfants et les adolescents à utiliser les nouvelles technologies de manière significative et responsable.
Selon lui, les établissements d'enseignement ont pour obligation non pas tant de protéger les étudiants contre l'IA que de leur expliquer comment et pourquoi l'utiliser. L'objectif est de développer une approche éclairée dans laquelle la technologie sert les objectifs de l'éducation plutôt que de remplacer son contenu.
Le conférencier invité Henning Beck, neurobiologiste et biochimiste, a mis en garde contre un autre extrême : ignorer l'intelligence artificielle. Il a déclaré que ceux qui refusent d'interagir avec l'IA en « paieront le prix fort » à l'avenir. Selon lui, le débat se concentre trop souvent sur les risques liés à la technologie, tandis que les dangers liés à son rejet restent dans l'ombre. En conséquence, de nouvelles idées pourraient ne pas voir le jour, et des modèles commerciaux et des opportunités professionnelles pourraient être manqués.
Beck insiste sur le fait que la compétence clé de l'avenir est la capacité à distinguer les domaines dans lesquels l'IA peut être une aide utile et ceux dans lesquels le jugement, le scepticisme et la responsabilité humains sont nécessaires. Il souligne l'importance d'adopter une attitude critique à l'égard des résultats produits par les algorithmes : les étudiants doivent apprendre à vérifier les informations et à reconnaître les erreurs, les distorsions et les manipulations éventuelles.
Selon lui, cette « culture de l'IA » ne peut être développée de manière théorique. Elle ne peut être acquise que par la pratique, l'expérimentation et l'analyse de ses propres erreurs. Beck a comparé ce processus à l'apprentissage du vélo : les compétences ne s'acquièrent pas par des instructions, mais par essais et erreurs. Selon lui, les écoles devraient devenir un espace sûr pour de telles expériences.
Dans le même temps, il a mis en garde contre l'utilisation de l'IA uniquement comme moyen de gagner du temps. Si un étudiant demande à un algorithme de rédiger des dissertations ou d'analyser des textes sans s'impliquer lui-même dans le travail, la valeur éducative s'en trouve considérablement réduite. Le prix à payer pour une telle approche est la dépendance à la technologie, une suggestibilité accrue et, en fin de compte, la perte de l'autonomie intellectuelle. Selon Beck, la véritable liberté réside dans la capacité à penser de manière indépendante, en utilisant l'IA comme un soutien, mais pas comme un substitut.





