La dépression est devenue la principale cause d'absentéisme au travail

Valeriia Miller, Unsplash
Selon les chiffres officiels présentés par la ministre de la Santé, Martine Deprez, la dépression est devenue la première cause d’incapacité de travail temporaire chez les salariés du secteur privé. L’année dernière, cette pathologie représentait 17,5 % de l’ensemble des jours d’arrêt maladie, soit une hausse significative par rapport aux 14,8 % enregistrés en 2016. Après un bref recul en 2020 et 2022, la proportion de ces arrêts maladie n'a cessé d'augmenter. Il convient de noter que les autres troubles psychiatriques restent statistiquement insignifiants, représentant moins de 1 % du nombre total de jours de travail perdus.
Une analyse de la durée des arrêts maladie montre que la durée moyenne d'absence du travail pour cause de dépression s'est maintenue entre 27 et 28 jours ces dernières années. Jusqu’en 2023, les femmes étaient en arrêt maladie en moyenne 2,4 jours de plus que les hommes ; cependant, en 2024, cet écart entre les sexes avait complètement disparu, la durée s’établissant à 27,8 jours pour les deux sexes. De plus, la durée de convalescence dépend directement de l’âge des salariés : alors que les jeunes actifs âgés de 20 à 24 ans s’absentent en moyenne 17 jours, ce chiffre double presque pour les travailleurs de plus de 60 ans, atteignant 33,2 jours. Globalement, la proportion de salariés en arrêt maladie pour cause de dépression augmente régulièrement par rapport à l’ensemble de la population active.
Les statistiques sectorielles révèlent d’importantes disparités sur le marché du travail. C’est dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration que les durées d’arrêt maladie pour dépression ont été les plus longues en 2024, avec une moyenne de 33,7 jours. À l’inverse, les secteurs de l’administration publique et de l’éducation ont enregistré les chiffres les plus bas, avec 23,4 jours. Parallèlement, la plus forte augmentation du nombre de jours d’incapacité de travail due à la dépression au cours des huit dernières années a été enregistrée dans le secteur de la construction (hausse de 35,9 %), dans le secteur des autres services (21,6 %) et dans l’agriculture (20,3 %). Par ailleurs, le secteur industriel et celui de la santé ont affiché les taux de croissance les plus faibles, avec respectivement 1,8 % et 1,9 %.





