Le ministre luxembourgeois du Travail propose de recalculer les salaires

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Le Luxembourg s'apprête à réviser son mécanisme de calcul du salaire minimum conformément à la directive européenne. Le ministre du Travail, Marc Spautz, a déclaré qu'il préférerait utiliser le revenu médian plutôt que le revenu moyen comme principale référence pour les changements futurs.
Dans une interview accordée à Paperjam, il a expliqué que cette approche lui semblait plus appropriée pour adapter le système national aux règles de l'UE. La directive européenne propose deux formules possibles : le salaire minimum peut correspondre soit à 50 % du revenu moyen, soit à 60 % du revenu médian.
La différence entre ces indicateurs est fondamentale. Le revenu moyen est calculé comme la moyenne arithmétique de tous les salaires, et dans les pays où la proportion de spécialistes hautement rémunérés est élevée, comme le Luxembourg, il est généralement beaucoup plus élevé. Le revenu médian, en revanche, reflète le niveau de salaire du travailleur « moyen », ce qui signifie que la moitié des travailleurs gagnent plus et l'autre moitié moins. Par conséquent, l'utilisation du revenu moyen entraînerait une augmentation plus importante du salaire minimum.
Aujourd'hui, le salaire minimum pour les travailleurs non qualifiés dans le pays est d'environ 2 700 € par mois. Selon les estimations de Paperjam, s'il était basé sur le revenu médian, il pourrait passer à environ 2 900-3 160 €. Si l'on applique l'indicateur du salaire moyen, le niveau estimé atteindrait 3 375 €.
La question fait toujours l'objet de négociations politiques et sociales. Selon M. Spautz, la décision doit encore être discutée par le Conseil des ministres et les partenaires sociaux. Les positions des parties divergent considérablement : les représentants des employeurs s'opposent à toute augmentation du salaire minimum, tandis que le syndicat OGBL réclame une augmentation d'au moins 10 %.





