Les syndicats ont accusé Wolt d'exploiter ses travailleurs

Anthony Fomin, Unsplash
Les discussions entre les représentants du service de livraison Wolt et les syndicats luxembourgeois, qui portaient sur les conditions de travail précaires des livreurs, se sont conclues sans qu’aucun accord concret n’ait été conclu. Les représentants syndicaux ont qualifié la réunion de tendue et décevante. Des désaccords sont apparus avant même le début des discussions : la direction de Wolt avait demandé que la réunion se tienne exclusivement avec les représentants syndicaux officiels, mais les délégués ont refusé et ont insisté pour que les livreurs eux-mêmes y participent directement.
David Angel, représentant de l’OGBL, a comparé la situation dans le secteur de la livraison à domicile au « Far West », accusant les entreprises de s’enrichir aux dépens des couches les plus pauvres et les plus vulnérables de la société. De son côté, Pascal Glouchitski, représentant du LCGB, a appelé à mettre immédiatement fin à des pratiques de travail qu’il a qualifiées d’« esclavage moderne ». Les syndicats avaient préparé une longue liste de questions concernant des accords de sous-traitance douteux et la sous-rémunération des salaires, mais n’ont reçu aucune réponse concrète. Selon David Angel, la délégation a eu l’impression que les représentants de Wolt ne comprenaient pas pleinement leur propre modèle d’exploitation ou ne disposaient pas de l’expertise nécessaire pour aborder les questions soulevées.
Au cours de la réunion, la direction de la plateforme a officiellement condamné tout acte illégal de la part des entreprises sous-traitantes ; elle a toutefois déclaré que c’était la première fois qu’elle entendait parler des infractions présumées, ce qu’elle a invoqué pour justifier l’absence de mesures préventives. Insatisfaits de cette réponse, les syndicats ont appelé à la mise en œuvre de la directive européenne sur le travail sur les plateformes, qui vise à consacrer juridiquement le statut de salarié des livreurs.
Les représentants syndicaux soulignent que les livreurs ne sont pas en mesure de fixer leurs propres tarifs, de choisir leurs itinéraires ni d’organiser eux-mêmes leurs horaires, ce qui indique qu’ils sont, en réalité, subordonnés à l’entreprise plutôt que d’exercer en tant que travailleurs indépendants. À l'issue de négociations infructueuses, Wolt s'est contentée d'une déclaration écrite dans laquelle elle se félicitait des discussions qui avaient eu lieu et exprimait sa volonté d'engager un nouveau dialogue constructif.





