Qui est concerné par le syndrome de l'imposteur ?

Vitaly Gariev, Unsplash
Moovijob.com a mené une enquête auprès de 907 Luxembourgeois actifs. 80 % d’entre eux ont déjà ressenti au moins une fois le syndrome de l’imposteur au travail. Ce phénomène psychologique se manifeste par un sentiment d’incompétence personnelle et la conviction que sa réussite professionnelle n’est pas méritée. Les experts soulignent que ce phénomène survient souvent lorsque le niveau de qualification d’une personne ne correspond pas aux responsabilités qui lui sont confiées, ainsi que dans un contexte où l’on se compare constamment à des collègues plus expérimentés.
Ce syndrome se manifeste le plus souvent au début de la carrière. L'allongement de la durée des études rend plus difficile la transition des jeunes professionnels vers le monde de l'entreprise. Le manque de stages pratiques suffisants fait que les diplômés sont confrontés à un contraste frappant entre leur formation théorique et les réalités du monde du travail.
De plus, l’âge devient une source de pression. L’un des participants a indiqué que le fait d’être le plus jeune lors de réunions importantes l’amenait régulièrement à douter de ses propres compétences professionnelles, en particulier lorsque ses collègues remettaient en cause son autorité en tant que responsable du service concerné. Parallèlement, ce syndrome peut également se développer chez le personnel expérimenté. Les personnes interrogées décrivent des situations où les rôles stratégiques évoqués lors de l’entretien se sont avérés, dans la pratique, n’être que des tâches routinières élémentaires. Cela donne au salarié le sentiment d’être surpayé et d’occuper un poste qui ne correspond pas à sa charge de travail réelle.
Pour surmonter le syndrome de l’imposteur, les experts en la matière recommandent de consigner systématiquement ses réalisations professionnelles et de passer en revue les tâches accomplies à la fin de chaque semaine de travail. Comme le soulignent les auteurs de l’étude, la légitimité d’un salarié ne se mesure pas à son âge ni à son ancienneté au sein de l’organisation, mais à ses compétences réelles et à la valeur qu’il apporte. Un autre outil utile consiste à établir une communication efficace avec la direction : la capacité à poser des questions ouvertement doit être considérée comme un signe de sérieux, plutôt que comme un manque de compétence. L’importance de prendre du recul par rapport à la situation est également soulignée. Évaluer objectivement ses propres actions du point de vue d’un observateur extérieur aide à réduire l’autocritique et à prendre conscience que les doutes quant à ses capacités sont un phénomène courant qui ne reflète pas sa compétence professionnelle réelle.





