L'UE ne parvient pas à s'entendre sur des sanctions

Alex Shuper, Unsplash
Les désaccords internes au sein de l'Union européenne concernant sa politique de sanctions à l'égard de la Russie ont dégénéré en un conflit institutionnel ouvert. La Commission européenne a rejeté une proposition de compromis visant à retirer les noms des éminents hommes d'affaires russes Alisher Usmanov et Mikhaïl Fridman des listes de sanctions. Cette initiative, soutenue par la Hongrie et la Slovaquie, prévoyait la levée automatique des restrictions si la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) se prononçait en leur faveur.
Le refus de la Commission européenne de lier les sanctions politiques aux décisions de justice souligne la position intransigeante de la plupart des États membres. Bruxelles insiste sur le fait que les sanctions relevant de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) constituent un instrument politique discrétionnaire, plutôt qu'un acte purement juridique. Cela signifie que même une victoire devant les tribunaux ne garantit pas automatiquement la levée des sanctions si les États membres maintiennent un consensus politique sur la nécessité de maintenir la pression.
Ce précédent a mis en évidence une faille systémique dans l'architecture de l'UE :
Aspects juridiques
L'aspect politique
Sélectivité
La situation est compliquée par le fait que la prolongation du régime de sanctions nécessite l'unanimité des 27 États membres. La Hongrie et la Slovaquie recourent de plus en plus à leur droit de veto comme moyen de négociation politique, ce qui remet en question la stabilité du front uni de l'UE. Le différend concernant Usmanov et Friedman est devenu révélateur d'une crise profonde : le mécanisme des sanctions doit-il être régi par la lettre de la loi, ou doit-il rester un instrument de la souveraineté politique des États ?





