Le Luxembourg élabore une stratégie de prévention de la démence

Getty Images
Le problème des maladies neurodégénératives au Luxembourg prend de l'ampleur : selon le professeur en neurosciences Rejko Krüger, plus de 9 000 personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et environ 3 000 personnes atteintes de la maladie de Parkinson vivent dans le pays. Cependant, des études récentes montrent que près de la moitié des cas de démence peuvent être évités ou considérablement retardés. Le programme national de prévention mis en œuvre par le Centre hospitalier luxembourgeois (CHL) et le Luxembourg Institute of Health (LIH) se concentre sur l'identification des marqueurs précoces du déclin cognitif.
L'une des étapes clés du programme consiste à faire la distinction entre les troubles objectifs et la perception subjective du patient. La neuropsychologue Amna Skrozic remarque que de nombreuses personnes demandent de l'aide lorsqu'elles souffrent de légers trous de mémoire qui ressemblent à des oublis quotidiens. Les spécialistes évaluent la concentration et la mémoire afin de déterminer la présence d'un trouble cognitif modéré. Si les risques sont confirmés, les patients reçoivent des bons pour suivre des cours spécialisés visant à stimuler leurs capacités mentales et physiques.
La base scientifique de la prévention repose sur le contrôle des « facteurs d'espoir », c'est-à-dire les circonstances sur lesquelles une personne peut exercer une influence. Le professeur Kruger identifie plusieurs domaines critiques :
- Indicateurs médicaux : hypertension, taux élevé de sucre dans le sang et de cholestérol.
- Mode de vie : tabagisme et faible activité physique.
- Déficits sensoriels : Des études récentes ont confirmé le lien entre la perte auditive ou visuelle et l'accélération de la progression de la démence.
- Aspect social : le fait de maintenir un contact actif avec les autres est reconnu comme un mécanisme efficace pour protéger les connexions neuronales.
Bien que les processus neurodégénératifs soient actuellement incurables, des scientifiques luxembourgeois participent à des essais cliniques internationaux portant sur de nouveaux médicaments. L'étude actuelle, qui porte sur six patients locaux, teste l'efficacité d'injections qui stimulent la production d'anticorps afin d'éliminer les agrégats protéiques qui détruisent les cellules nerveuses. En cas de succès, le médicament pourrait être disponible en pharmacie d'ici trois à cinq ans.
Parallèlement au travail clinique, les experts encouragent les personnes âgées de 40 à 50 ans à évaluer leurs risques à titre préventif. À cette fin, une application gratuite appelée Brain Coach a été développée, permettant aux utilisateurs de créer un profil de santé personnel. L'objectif de cette initiative est de retarder autant que possible l'apparition de la maladie, afin de permettre aux personnes concernées de mener une vie épanouie sans passer par les stades sévères de la démence.





