Des discussions ont lieu à Luxembourg sur le « droit à l'erreur »

Jakub Żerdzicki, Unsplash
Le Bureau du médiateur du Luxembourg a soumis à la Chambre des députés une proposition visant à inscrire dans la loi un mécanisme permettant aux citoyens de corriger des erreurs administratives sans conséquences désastreuses. Cette initiative fait suite à la numérisation rapide et à la complexité croissante des procédures administratives, qui font que même une simple négligence — une signature manquante ou une case cochée par erreur sur un formulaire en ligne — peut entraîner le refus de paiements, des amendes ou la révocation de permis.
On peut citer, à titre d'exemple, le cas d'un demandeur à qui l'agence pour l'emploi Adem a refusé des prestations à cause d'une seule case cochée par erreur. Le demandeur avait coché par erreur la case « inapte au travail », pensant que son statut de personne en reconversion professionnelle impliquait précisément cela. En raison de ce manquement formel au critère de « disponibilité pour le travail », le système a automatiquement rejeté la demande.
Le Médiateur suggère que le Luxembourg suive l'exemple des pays voisins, en particulier de la France, où le droit à l'erreur est déjà inscrit dans la loi. Les principes fondamentaux du mécanisme proposé sont les suivants :
- Bonne foi : le droit de rectifier les données n'est accordé que si l'erreur a été commise involontairement.
- Exclusion des abus : ce mécanisme ne s'appliquera pas aux cas de fraude ou de violations graves des règlements administratifs.
- Réglementation institutionnelle : il est proposé de mettre en place un cadre juridique clair afin de permettre aux citoyens de corriger légalement les erreurs commises par inadvertance.
La nécessité d’une réforme tient au fait que l’environnement administratif devient de plus en plus difficile à appréhender pour l’usager lambda. Le communiqué officiel souligne que le « facteur humain » est inévitable et qu’une approche punitive face aux irrégularités formelles va à l’encontre des principes de justice. Il appartient désormais au législateur de déterminer dans quelle mesure ce mécanisme peut être intégré dans l’ordre juridique du Grand-Duché afin de faciliter le dialogue entre l’État et la société.





