La société réclame des réformes de l'Internet

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Au Luxembourg, la collecte de signatures pour la pétition publique n° 4019 a officiellement commencé ; cette pétition réclame des changements radicaux dans la réglementation du marché des télécommunications. L'auteur de l'initiative, Oleksandr Borysov, propose d'introduire une limite légale de six mois pour la durée maximale des contrats d'accès à Internet à domicile, ainsi que de réglementer strictement les frais de résiliation anticipée.
Cette plainte fait suite aux conditions financières contraignantes auxquelles sont confrontés les habitants de la région lorsqu'ils souhaitent changer de fournisseur. Actuellement, un contrat standard de fibre optique est conclu pour une durée minimale de 24 mois. De plus, si un utilisateur décide de résilier son contrat avant terme, les opérateurs lui imposent des pénalités calculées sous forme de pourcentage du montant total des mensualités restantes. Pour un forfait de 50 € par mois, la pénalité peut atteindre jusqu'à 1 200 €.
Il convient de noter que ces pénalités sont appliquées indépendamment de la situation personnelle de l'abonné. Les difficultés financières, le déménagement dans une zone non couverte par un réseau donné ou une mauvaise qualité de connexion ne dispensent pas le consommateur de ces frais. Par conséquent, l'intégralité du risque commercial est supportée par le client, tandis que le prestataire de services n'assume aucun risque.
Je travaille dans le secteur des télécommunications depuis de nombreuses années. Je pense qu’une période d’engagement de deux ans réduit considérablement la mobilité des abonnés, ce qui freine la concurrence. Dans l'ensemble de l'Union européenne, les prix du haut débit baissent d'environ 5 % par an, alors qu'au Luxembourg, ils augmentent en réalité. Et n'oublions pas que le contrat comprend généralement un bouquet TV, que tout le monde n'utilise pas pour autant à l'heure actuelle. Le problème est qu'il est impossible d'évaluer la qualité des services avant d'avoir signé le contrat. Et le fait de le signer vous place déjà dans un cadre rigide dont il n'existe pas d'issue satisfaisante.
Boris Bliznyukov, chercheur à l'Université du Luxembourg
Ce choix limité est aggravé par les spécificités du marché local. Les principaux opérateurs de fibre optique au Luxembourg proposent des contrats d’une durée identique de deux ans, bien qu’ils se positionnent officiellement comme des concurrents commerciaux. L'infrastructure nationale de fibre optique étant partagée, les fournisseurs alternatifs louent en réalité l'accès au même réseau, ce qui restreint la concurrence sur les conditions générales. Il existe néanmoins sur le marché un opérateur disposant de sa propre infrastructure de câbles coaxiaux qui propose avec succès des tarifs sans engagement de durée, prouvant ainsi la viabilité commerciale d'un tel modèle.
La pétition invoque le Code européen des communications électroniques comme fondement juridique. La directive 2018/1972 fixe à 24 mois la durée maximale autorisée, et non pas simplement une norme recommandée. La législation européenne autorise les États membres à imposer des restrictions plus strictes au niveau national. Contrairement à la pratique en vigueur au Luxembourg, le Danemark a déjà limité à six mois la durée des contrats similaires conclus avec des particuliers, tandis que dans d’autres pays voisins, les offres sans engagement à long terme sont devenues la norme commerciale.
La pétition a été déclarée recevable par la commission compétente le 13 mai 2026. La collecte des signatures a débuté le 14 mai et se poursuivra jusqu’au 24 juin 2026. Si elle aboutit, cette initiative obligera les législateurs luxembourgeois à envisager des modifications visant à limiter la pénalité en cas de résiliation anticipée aux seuls coûts effectivement justifiés par le fournisseur.





