Le rendement de FSIL s'est établi à seulement 2,61 %

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Le Fonds souverain intergénérationnel du Luxembourg (FSIL) a publié ses états financiers pour l'année 2025, qui font état d'un rendement de 2,61 %. Ces chiffres ont été inscrits au Registre du commerce et des sociétés sans la conférence de presse habituelle du ministère des Finances. L'actif total du fonds s'est élevé à 784 millions d'euros, mais le bénéfice annuel a diminué de plus de moitié par rapport à la période précédente, s'élevant à 20,3 millions d'euros contre 41,9 millions d'euros en 2024.
La principale raison de ces résultats modestes réside dans les règles d'investissement strictes adoptées au niveau politique dès 2020. Le fonds est tenu d'investir exclusivement selon les critères de l'investissement socialement responsable (ISR) et des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance d'entreprise (ESG). Concrètement, cela signifie exclure complètement des secteurs entiers de l'économie lors de la sélection des actions et privilégier les obligations « vertes ». Compte tenu des conditions du marché en 2025, une telle stratégie a inévitablement entraîné une perte de rendements potentiels. Néanmoins, cette politique protège les responsables contre les critiques concernant l'utilisation non éthique des fonds publics.
Le rendement du fonds, qui s'élève à 2,1 %, n'est que légèrement supérieur au taux d'inflation sous-jacente de la zone euro. Par conséquent, la croissance réelle du pouvoir d'achat des actifs du fonds a été minime. De plus, le rendement du FSIL est resté en deçà de celui des obligations d'État luxembourgeoises à dix ans, qui s'établissaient à 3,125 % à la fin de l'année.
L'analyse du portefeuille fait apparaître une surpondération des obligations, qui s'élevait à 43 % à la fin de la période considérée. Compte tenu de la volatilité du marché obligataire, les pertes sur les obligations ont été importantes, et même la bonne performance du marché des actions n'a pas suffi à les compenser entièrement en raison des contraintes ESG.
Face à ces défis, la direction de la FSIL a approuvé une nouvelle stratégie de répartition des actifs. Il est prévu de ramener la part des obligations à 32 %. Parallèlement, le fonds entend diversifier son portefeuille en y incluant du capital-investissement et du Bitcoin. Malgré les difficultés actuelles, le fonds continue de croître : en 2025, l’État a transféré plus de 62 millions d’euros sur ses comptes, ce qui transforme progressivement le FSIL en un instrument majeur du système financier du pays. L’accumulation progressive de capitaux et l’évolution des approches en matière de gestion des risques devraient aider le fonds à remplir sa mission à long terme, qui consiste à garantir la stabilité financière pour les générations futures.





