La chaleur ralentit la maturation des cultures

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Le temps chaud et ensoleillé qui s'est installé au Luxembourg a des répercussions mitigées sur le secteur agricole, obligeant les agriculteurs à trouver un équilibre entre tirer parti des bienfaits du soleil et protéger leurs cultures du stress thermique. Comme l'explique Jean-Claude Muller, producteur de fruits et légumes de la commune de Contern, une chaleur modérée stimule la croissance, mais une chaleur excessive et les variations brusques de température posent de sérieux problèmes aux cultures fragiles. Certaines variétés supportent beaucoup mieux les températures élevées que d'autres. Par exemple, la laitue, qui a à peine poussé pendant la vague de froid de mai, affiche désormais une croissance vigoureuse.
Parallèlement, pour d’autres cultures, le réchauffement climatique comporte des risques cachés. Müller cite l’exemple des vergers de pommiers, où la floraison vient tout juste de s’achever et où la phase cruciale de la division cellulaire des fruits vient de commencer. Des températures défavorables pendant cette période peuvent ralentir considérablement les processus biologiques, empêchant les pommes d'atteindre le poids et la densité nécessaires. Les conditions ne peuvent être qualifiées de favorables que tant que le thermomètre ne dépasse pas +35–36 °C, bien qu'un retard de croissance soit déjà observé chez de nombreuses plantes dès que la température franchit le seuil des +30 °C.
C'est pourquoi les agriculteurs se réjouissent des prévisions météorologiques annonçant une baisse des températures, car cela permettra de limiter les dégâts causés aux cultures. Cependant, un refroidissement s'accompagne généralement d'un risque accru d'orages. Les changements brusques de temps sont particulièrement indésirables dans la culture maraîchère et fruitière : malgré les besoins élevés en eau des cultures, les violents orages et, en particulier, la grêle peuvent détruire complètement les fruits en cours de maturation. Le scénario idéal pour les agriculteurs serait que le temps se stabilise juste en dessous de +30 °C, ce qui est important non seulement pour les plantes, mais aussi pour le personnel contraint de travailler en plein air sous une chaleur extrême.
Pour protéger leur personnel, les exploitations agricoles avancent le début des travaux aux champs aux premières heures du matin, quand il fait encore frais, et suspendent les activités pendant les heures les plus chaudes de l'après-midi. L'assèchement du sol constitue un défi supplémentaire. Lorsque le sol devient dur et poussiéreux, l'irrigation classique s'avère insuffisante. Une gestion efficace de l'eau pendant cette période nécessite un ameublissement mécanique obligatoire du sol à l'aide de houes.
Ce procédé permet non seulement d'éliminer les mauvaises herbes, mais aussi de briser la croûte superficielle, laissant ainsi l'oxygène pénétrer. Un tel traitement perturbe l'action capillaire dans le sol, ralentit l'évaporation de l'humidité et garantit que l'eau atteigne le système racinaire des plantes. Arroser un sol sec et compacté sans l'ameublir au préalable est inutile, car l'humidité se répand simplement à la surface et s'évapore instantanément. L'évolution des conditions météorologiques au cours des prochaines semaines sera un facteur déterminant pour le volume et la qualité de la récolte estivale.





