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Les Luxembourgeois n'ont pas à craindre de manquer d'eau

Dernière mise à jour
14.08.26
Tap water in Luxembourg

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Alors que la sécheresse au Luxembourg a des répercussions de plus en plus perceptibles sur les cours d'eau du pays, l'approvisionnement en eau potable reste stable pour l'instant. Le niveau du barrage d'Esch-sur-Sûre est élevé, même si certains fleuves et ruisseaux affichent des niveaux alarmants.

Selon Marc Hans, directeur de l’Agence de gestion de l’eau, la situation en matière d’approvisionnement en eau potable s’est légèrement améliorée fin juillet et début août. Cela s’explique par le fait que les vacances d’été et la période de congés collectifs dans le secteur du bâtiment ont entraîné une baisse de la consommation globale : les écoles sont fermées, de nombreux habitants sont à l’étranger et l’activité sur les chantiers est quasi inexistante. Marc Hans prévient toutefois que ce répit pourrait s'avérer temporaire. Une fois la période des vacances terminée, la consommation d'eau augmente traditionnellement, et si les précipitations régulières ne reprennent pas d'ici là, la situation pourrait s'aggraver.

Au Luxembourg, l'eau potable provient à la fois de sources de surface et de nappes phréatiques. Une part importante des eaux de surface est prélevée dans le réservoir d'Esch-sur-Sûre et traitée par le Syndicat d'approvisionnement en eau du barrage d'Esch-sur-Sûre (SEBES). Au total, environ 60 % de l’eau potable provient des eaux de surface et 40 % des eaux souterraines. Les fortes précipitations de l’hiver dernier et du début du printemps ont contribué à reconstituer les réserves d’eau souterraines, même si la capacité de certaines sources commence désormais à s’épuiser. À l’heure actuelle, le niveau d’eau du barrage d’Esch-sur-Sûre s’élève à environ 316,5 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui correspond à environ 42 millions de mètres cubes. Ce niveau est supérieur de près de quatre mètres au niveau le plus bas jamais enregistré, qui remonte à 2011.

Christian Schroeder, directeur adjoint de la SEBES, souligne que le niveau du réservoir est très satisfaisant pour cette période de l'année. Les précipitations de mars et avril, ainsi que les fortes pluies tombées plus en amont en Belgique, ont permis au niveau d’eau d’atteindre 319,5 mètres – ce qui correspond pratiquement au maximum – et de constituer des réserves avant l’été. Le niveau d’eau baisse actuellement d’environ six centimètres par jour. Cela s’explique par la production d’eau potable et la nécessité de maintenir un débit minimal en aval du barrage. Le mois d’août est généralement plus calme pour la station, qui produit habituellement 60 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Cependant, la production est désormais passée à 75 000 mètres cubes. La capacité maximale de l’installation est de 110 000 mètres cubes par jour, et des sources d’eau souterraines supplémentaires peuvent être exploitées si nécessaire.

La situation reste bien plus critique pour les rivières et les cours d’eau, en particulier dans le nord du Luxembourg, qui souffrent d’un manque de précipitations. À certains endroits, les niveaux d’eau sont même inférieurs à ceux enregistrés au plus fort de la sécheresse de 2022. La baisse des niveaux d'eau entraîne une hausse de la température de l'eau et une diminution de la teneur en oxygène, tandis que les polluants sont moins dilués. Ces conditions constituent une menace sérieuse pour les poissons, les insectes et les autres organismes aquatiques ; de plus, si certains tronçons de rivières s'assèchent complètement, les voies de migration de ces espèces se trouvent bloquées.

Une période de précipitations régulières contribuerait à améliorer rapidement l'état des cours d'eau, mais la reconstitution des réserves d'eau souterraines prend plus de temps. Le sol doit être complètement humidifié avant que l'eau ne commence à s'infiltrer dans les aquifères plus profonds, et ce processus peut prendre jusqu'à deux mois. Par conséquent, les averses de courte durée ne suffisent pas ; il faut des précipitations soutenues et régulières.

Si la sécheresse se prolonge jusqu’à l’automne, les conditions de départ pour l’été prochain pourraient se détériorer considérablement. À long terme, l’Agence de gestion de l’eau concentre ses efforts sur trois axes principaux : la réduction de la consommation, le renforcement de la protection des nappes phréatiques et le développement de nouvelles ressources. La Moselle constitue une nouvelle source potentielle : son eau pourrait, à l’avenir, être traitée et utilisée comme eau potable.

À l'heure actuelle, le pays reste en phase d'alerte nationale. En cas de détérioration locale de la situation, les autorités locales sont habilitées à restreindre les consommations d'eau non essentielles par le biais de réglementations locales ; toutefois, aucune phase d'« alerte rouge » assortie de restrictions à l'échelle nationale n'a encore été déclarée au Luxembourg.

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Dernière mise à jour
14.08.26

Les sources des photos utilisées: Un art de vivre soigné

Auteurs: Alex Mort