Des toilettes neutres seront installées dans les écoles luxembourgeoises

Jas Min, Unsplash
Les autorités luxembourgeoises prévoient de modifier leur approche en matière d'infrastructures sanitaires dans les écoles. Des toilettes neutres seront installées dans les futurs bâtiments scolaires et les urinoirs ne feront plus partie des plans. C'est ce qu'ont annoncé les représentants du ministère de l'Éducation lors d'une réunion de la commission parlementaire sur la famille et l'éducation. Les toilettes seront désignées de manière neutre par le sigle « WC » et des cabines individuelles seront également prévues. Selon les responsables, cette norme deviendra obligatoire pour tous les nouveaux bâtiments scolaires. Le nouveau lycée technique situé au centre du pays a été cité en exemple.
La discussion s'est déroulée dans le contexte des débats actuels autour des questions LGBTIQ+ dans l'éducation. La ministre de l'Égalité des genres, Yuriko Backes, a rappelé les pétitions très médiatisées soumises il y a un an : l'une demandait que les questions LGBTIQ+ soient retirées des programmes scolaires, tandis que l'autre, au contraire, appelait à renforcer leur présence. Ces deux initiatives ont rapidement recueilli le nombre de signatures nécessaire et ont donné lieu à des audiences parlementaires début 2025, ainsi qu'à une recrudescence notable de commentaires agressifs sur Internet.
Selon le ministre, cette période a été un signal d'alarme, mais elle a également confirmé la position du gouvernement. Les personnes LGBTIQ+ font partie de la réalité quotidienne de la société luxembourgeoise, y compris dans les écoles, et l'État a le devoir de protéger leurs droits. Mme Backes a fait référence à la résolution de février 2025 initiée par le député CSV Marc Spautz, qui condamne la violence, les discours haineux et la discrimination à l'égard des minorités comme une violation des droits de l'homme.
En réponse à la montée de la haine en ligne, le ministère a lancé un projet pilote en collaboration avec respect.lu, visant à lutter contre les agressions sur les réseaux sociaux. La campagne sera évaluée après la première année. Parallèlement, la mise en œuvre du plan d'action national pour la protection des droits des personnes LGBTIQ+ et la coopération avec les organisations concernées se poursuivent. Dans le même temps, Mme Backes a souligné que des organisations telles que Rainbow Centre et Cigale ne se rendent dans les écoles qu'à la demande des établissements d'enseignement eux-mêmes, rejetant ainsi la notion d'« imposition militante ».
La tension au sein du comité a été provoquée par un discours du député ADR Fred Keup, qui a déclaré que les différentes opinions sur le genre devaient être considérées comme ayant la même valeur et que les écoles ne devaient pas entrer en conflit avec les attitudes que les enfants apprennent dans leur famille. Il a également exprimé l'opinion que les pressions politiques unilatérales pouvaient accroître la résistance au sein de la société.
Cette position a été fermement rejetée par le gouvernement. Mme Backes a souligné qu'il ne s'agissait pas d'un jugement de valeur, mais d'une question de droits humains et du droit de chaque individu à être respecté et protégé contre la discrimination. Le député LSAP Georges Engel l'a soutenue, rappelant que la recherche universitaire souligne depuis des décennies l'existence de la diversité de genre et que discuter de ces questions contribue à l'éducation plutôt qu'à imposer des points de vue.
La question de l'obligation de suivre les cours d'éducation sexuelle a été abordée séparément. Le ministre de l'Éducation, Claude Meisch, a déclaré que le refus de suivre ces cours pour des raisons liées à des convictions personnelles ou familiales était inacceptable. Selon lui, les débats qui ont eu lieu ont permis de clarifier le contenu des programmes scolaires. Les enseignants du secondaire ont reçu un guide spécial sur la diversité des genres, et les formations sur les thèmes LGBTIQ+ ont reçu des retours positifs. À l'école primaire, les questions relatives à la conscience corporelle et à l'éducation sexuelle sont abordées progressivement et en fonction de l'âge.





