
Comment devenir freelance au Luxembourg
Guide d'inscription pour les entrepreneurs individuels et les consultants
Au Luxembourg, le travail indépendant ne constitue pas un « statut de travailleur indépendant » distinct au sens juridique, mais plutôt une activité commerciale normale : le plus souvent sous la forme d'un travail « en nom propre » (entreprise individuelle / travailleur indépendant) ou par l'intermédiaire d'une société (généralement une SARL ou une SARL-S).
La première chose à laquelle vous devez réfléchir dès le départ est l'obtention d'une autorisation d'exercer. Pour la plupart des services rémunérés (y compris de nombreux services « intellectuels », sauf s'ils figurent dans une liste restreinte de services exemptés), vous ne pouvez pas vous en passer. L'autorisation est délivrée sous réserve du respect des conditions suivantes : bonne réputation, qualifications (si requises), gestion effective et existence d'un lieu d'activité réel au Luxembourg. Les frais de délivrance s'élèvent à 50 €.
La deuxième nuance concerne votre passeport et votre statut de résident. Les ressortissants de pays tiers qui souhaitent créer une entreprise « sur place » doivent généralement suivre une procédure d'immigration : ils doivent d'abord obtenir un permis de séjour, puis remplir une déclaration d'arrivée, passer un examen médical et demander un permis de séjour.
En outre, tout se résume à trois éléments obligatoires : les taxes (y compris la TVA), les cotisations sociales et l'infrastructure bancaire. Pour la TVA, le seuil clé pour les petites entreprises est de 50 000 € de chiffre d'affaires annuel hors TVA : si ce seuil n'est pas atteint, une exonération s'applique, mais elle ne supprime pas les obligations dans un certain nombre de cas transfrontaliers (par exemple, lorsque vous devenez « redevable » en raison de services/achats à l'étranger ou que vous fournissez des services dans un autre pays de l'UE en vertu des règles B2B).
Par où commencer

Au Luxembourg, être « freelance » dans les domaines de l'informatique, du design ou du conseil signifie presque toujours que vous vendez régulièrement vos services contre rémunération. Cela relève des caractéristiques d'une activité économique, vous devenez donc contribuable et participant au système de sécurité sociale.
Les spécificités sectorielles (professions réglementées, exigences en matière de diplômes/expérience professionnelle/adhésion à des organismes professionnels, licences) doivent être clarifiées pour votre activité spécifique : la liste des types de travail soumis à des exigences d'autorisation et de qualification dépend du code de la profession.
Déterminez le type d'activité et vérifiez si un permis d'exploitation est nécessaire.
Préparez votre lieu d'activité au Luxembourg
Rassemblez les documents nécessaires à l'obtention d'un permis d'exploitation.
Demander un permis d'exploitation commerciale
Si vous n'êtes pas citoyen de l'UE/EEE/Suisse : suivez la procédure de migration pour les travailleurs indépendants.
Ouvrir un compte bancaire
Enregistrez-vous à la TVA (si nécessaire) ou enregistrez une « exonération pour faible chiffre d'affaires ».
Adhérez au système de sécurité sociale
Mettre en place la comptabilité et la gestion des documents
En savoir plus sur les impôts

Comprendre le système fiscal luxembourgeois vous permettra de réduire considérablement votre stress et vous aidera à éviter de futurs problèmes avec les autorités.
Impôts directs : ce que paient généralement les travailleurs indépendants
L'impôt sur le revenu au Luxembourg est progressif : un taux de 0 % s'applique aux revenus inférieurs à 13 230 € par an, avec un taux maximal de 42 % pour les revenus supérieurs à 234 870 € (le taux de 2025 sert de référence).
Une « cotisation de solidarité » s'ajoute à cela au fonds pour l'emploi : généralement 7 % du montant de l'impôt, et 9 % pour les revenus élevés (le seuil dépend de la classe d'imposition).
Point important pour les travailleurs indépendants dans le secteur des services : l'impôt commercial communal ne s'applique qu'aux bénéfices des « entreprises commerciales ». La formule de calcul est basée sur 3 % des bénéfices et comprend un abattement fiscal (plus précisément, 40 000 € pour les « autres » contribuables qui ne sont pas soumis à l'impôt sur les sociétés).
TVA : seuils, taux, déclaration
Le seuil de « faible chiffre d'affaires » est fixé à 50 000 € par an. Tant que ce seuil n'est pas dépassé, la TVA ne s'applique pas, mais vous êtes tout de même tenu de déclarer votre chiffre d'affaires de l'année précédente aux autorités. Vous pouvez être assujetti à la TVA en raison de transactions transfrontalières (par exemple, si vous devenez assujetti à la TVA pour des services reçus de l'étranger ou si vous fournissez des services B2B dans un autre pays de l'UE).
Le taux normal de TVA est de 17 % ; les taux réduits sont de 14 % et 8 %, et le taux super réduit est de 3 %. La fréquence des déclarations dépend du chiffre d'affaires ; selon la loi, le régime par défaut est mensuel, et le régime spécifique est déterminé par l'administration.
Facturation
Même les freelances au Luxembourg doivent faire preuve de rigueur en matière de facturation : pour les montants supérieurs à 100 €, des informations supplémentaires sont obligatoires ; pour les factures inférieures à 100 €, les exigences sont moins strictes (date, vendeur, description, prix TTC et montant/calcul de la TVA).
Une facture conforme à la TVA doit comporter un numéro de série unique et d'autres éléments obligatoires. Si vous êtes exonéré de TVA, les factures doivent porter la mention « TVA non applicable – Article 57bis... ».
Cotisations sociales et cotisations de retraite
Les travailleurs indépendants sont tenus de payer eux-mêmes leurs cotisations sociales et de s'assurer contre les risques majeurs (maladie, retraite, accident, dépendance). Pour les débutants, les cotisations sont souvent calculées « à titre provisoire », puis recalculées sur la base des revenus réels. La base peut être ajustée en fonction des prévisions de revenus attendus.
Les taux officiels de sécurité sociale sont publiés chaque année. À titre indicatif pour les paramètres 2026, la notification du Centre commun de la sécurité sociale précise notamment : assurance pension 8,50 % à la charge du salarié et 8,50 % à la charge de l'employeur ; maladie 2,80 % + 2,80 % ; assurance accident — de base 0,65 % avec un coefficient bonus-malus ; ainsi que les bases minimale et maximale (2 703,74 € et 13 518,68 € par mois).
Un aspect important pour les travailleurs indépendants est que les risques fiscaux théoriques doivent être inclus dans le coût des services/du travail, car ceux-ci augmenteront parallèlement à la croissance des revenus.
Si vous ne résidez pas au Luxembourg et exercez une activité indépendante dans plusieurs pays, des règles de coordination s'appliquent : en règle générale, vous cotisez soit dans votre pays de résidence (si une partie significative de votre activité — 25 % ou plus — y est exercée), soit dans le pays où se trouve le « centre d'intérêt » de votre activité.
Banques et comptabilité

Pour l'enregistrement à la TVA, un compte bancaire (IBAN/BIC) est généralement requis. La liste des vérifications bancaires n'est pas très différente de celle standard. Il vous sera demandé de fournir : votre identité, votre adresse, la structure de propriété (pour les entreprises), les sources de financement et la justification économique des transactions. Le guide spécialisé sur l'ouverture d'un compte d'entreprise (par l'intermédiaire de l'association bancaire) fait directement référence aux documents standard sur les bénéficiaires, y compris un extrait actuel du registre des bénéficiaires et un formulaire UBO (pour les entreprises).
Comptabilité et rapports
Guichet souligne le principe fondamental : l'obligation de tenir une comptabilité et d'établir des comptes annuels s'applique aux sociétés soumises aux dispositions du Code de commerce. Pour les sociétés, il existe un aspect public supplémentaire : les rapports annuels sont soumis en ligne au registre et enregistrés dans le système de publication ; la publication des documents dans le RESA est gratuite, mais des frais sont facturés pour les opérations d'enregistrement/de dépôt au taux fixé par l'opérateur du registre.
Si vous choisissez le statut SARL-S, le formulaire lui-même précise un délai : les comptes doivent être déposés au RCS dans les sept mois suivant la fin de l'exercice (six mois pour la réunion + un mois).
Assurance responsabilité civile et « adresse professionnelle »
La responsabilité professionnelle est un autre aspect important du travail indépendant. Dans certains secteurs, elle est obligatoire en vertu des règles d'accès à la profession ; les clients l'exigent presque toujours dans les contrats (en particulier dans le domaine du B2B avec les grandes entreprises). Il convient ici de préciser les différences entre les secteurs.
Le principal écueil administratif concerne l'adresse et la présence effective. Un permis d'exploitation nécessite une infrastructure physique dans le pays ; une « boîte postale » en remplacement d'un lieu d'activité n'est souvent pas acceptée.
Si vous souhaitez travailler dans un espace de coworking, vérifiez que le programme choisi vous fournit non seulement une adresse postale, mais aussi un véritable lieu de travail pouvant être confirmé par un contrat, car la confirmation de l'établissement/du bail figure dans les documents relatifs au permis d'exploitation.
Contrats, acquisition de clients et risques courants
L'un des principaux risques pour un freelance débutant est le manque de trésorerie. Il existe une liste de dépenses courantes qu'il vaut mieux inclure dans le prix dès le départ :
- impôts et avances ;
- cotisations sociales ;
- réserve en cas d'interruption sans projets ;
- frais comptables/bancaires/d'assurance ;
- TVA (le cas échéant).
La voie la plus durable pour un freelance au Luxembourg est celle des contrats B2B avec des spécifications techniques claires et des conditions de paiement compréhensibles. Veillez à inclure les éléments suivants dans le contrat :
- objet/résultat, conditions et procédure d'acceptation
- tarif/prix fixe
- procédure de facturation et conditions de paiement
- IP (droits sur le résultat)
- confidentialité, responsabilité/limitations
- procédure de résiliation, droit applicable et règlement des litiges
Principales causes d'échec
Le plus souvent, les échecs au stade du démarrage et du développement d'une activité indépendante sont liés à un manque d'attention ou à une attitude insuffisamment sérieuse à l'égard des exigences légales :
- Ils ont mal évalué si un permis d'exploitation était nécessaire et ont commencé sans en avoir un — il y a des sanctions spécifiques pour ça.
- Aucun lieu d'activité réel (ou impossible à confirmer par des documents) — le permis est lié à l'installation physique/au bail.
- Conformité bancaire : sans modèle transparent de revenus et de sources de financement, l'ouverture d'un compte peut prendre beaucoup de temps, ce qui ralentit l'enregistrement à la TVA et le travail normal avec les clients.
- Erreurs de TVA dans les services transfrontaliers : même avec une « franchise », vous pouvez être tenu de déposer des déclarations dans certains cas.
- Sous-estimation des contributions sociales et des déficits de trésorerie.
Source: ccss.public.lu, pfi.public.lu, impotsdirects.public.lu, www.myguichet.lu, www.cc.lu, www.cdm.lu, www.lbr.lu, www.luxtrust.com, meco.gouvernement.lu, guichet.public.lu, maee.gouvernement.lu
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