Les autorités mettent en œuvre des réformes du système de santé

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Au terme de longues négociations, le Luxembourg a approuvé un statut juridique unifié pour les médecins en voie de spécialisation (MEVS). Cette décision concernera environ 250 jeunes spécialistes ayant suivi leur formation médicale de base à l'étranger et qui effectuent actuellement leur formation de spécialité dans des établissements hospitaliers du Grand-Duché. Les représentants du secteur réclamaient depuis des années des règles claires, et ces nouvelles mesures visent à garantir des conditions de travail plus équitables et une meilleure rémunération.
La question des salaires est restée l’une des plus pressantes, car les médecins en formation assument actuellement une charge de travail considérable, comprenant notamment des gardes, l’assistance en salle d’opération et la surveillance de l’état des patients, alors que leurs revenus ne reflètent pas le niveau de responsabilité qui leur incombe. Selon l’Association luxembourgeoise des médecins en formation (ALMEVS), le salaire d’un jeune médecin spécialiste en première année d’activité s’élève à environ 4 000 € avant impôts, ce qui est inférieur au niveau de rémunération pratiqué en Allemagne voisine. Au départ, l’association avait insisté pour que les salaires soient alignés sur la catégorie la plus élevée (A1) de l’échelle salariale de l’État. Bien que cette demande n’ait pas été entièrement satisfaite, la coprésidente de l’ALMEVS, le Dr Lisa Zangarini, a confirmé que, selon les termes de l’accord, le salaire de base serait légèrement supérieur à celui pratiqué en Allemagne.
Un autre aspect essentiel de la réforme réside dans l’introduction de limites du temps de travail conformes aux normes européennes. À l’heure actuelle, de nombreux internes dans les hôpitaux luxembourgeois travaillent en moyenne entre 60 et 80 heures par semaine tout au long de l’année. Les experts du secteur soulignent que des charges de travail extrêmes entraînent inévitablement une fatigue chronique chez les médecins et, par conséquent, des erreurs médicales qui menacent la sécurité des patients. La nouvelle réglementation vise à limiter la semaine de travail à un maximum de 48 heures. Toutefois, les mécanismes de contrôle du respect de cette limite doivent encore être discutés en détail avec la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) et les ministères concernés.
Outre l'optimisation des plannings de garde, l'accord prévoit l'allocation d'un temps fixe et d'un budget dédié, dans le cadre du programme de formation, aux activités de recherche et au développement professionnel. Les organisateurs espèrent que cela élargira les perspectives de carrière des médecins au sein du pays. Actuellement, environ un tiers des étudiants en médecine luxembourgeois choisissent de ne pas rentrer au pays après avoir obtenu leur diplôme dans des universités étrangères. Le système de santé est confronté à une pénurie de personnel dans pratiquement tous les domaines, mais la situation est particulièrement critique dans le secteur de la médecine générale. En instaurant un statut unifié, le gouvernement espère rendre le marché du travail national plus attractif et remédier à la pénurie de personnel médical.





