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L'OGBL demande une révision du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté

Dernière mise à jour
11.02.26
Real salary in Luxembourg

Alexander Mils, Unsplash

Le gouvernement luxembourgeois a présenté un plan de lutte contre la pauvreté, promettant de renforcer la protection des groupes vulnérables et de réduire les inégalités sociales. Cependant, le plus grand syndicat du pays, l'OGBL, estime que les mesures proposées sont insuffisantes et ne sont pas à la hauteur de la réalité sociale.

Une déclaration signée par la présidente de l'OGBL, Nora Back, souligne que cette stratégie ne propose aucune solution structurelle à l'un des principaux facteurs de pauvreté : la crise du logement. Selon le syndicat, la hausse des loyers et des prix de l'immobilier sape directement le pouvoir d'achat des ménages à faibles et moyens revenus. De plus en plus de personnes, même celles qui travaillent à temps plein, ont du mal à couvrir leurs dépenses de base.

Dans ce contexte, l'OGBL souligne une autre lacune importante : l'absence de décision concernant une augmentation substantielle du salaire social minimum. Dans un pays qui se classe régulièrement parmi les premiers en termes de proportion de travailleurs pauvres, la lutte contre la pauvreté est impossible sans la garantie que le travail assure un niveau de vie décent, souligne le syndicat.

Selon les critères européens, le salaire minimum devrait être au moins égal à 60 % du salaire médian ou à 50 % du salaire moyen. Ces références sont inscrites dans les documents analytiques et réglementaires de l'UE et sont considérées comme le seuil d'un salaire décent. Selon l'OGBL, le revenu minimum actuel au Luxembourg reste inférieur à ces chiffres. Dans le même temps, le coût de la vie (loyer, énergie, alimentation) continue d'augmenter.

Le syndicat insiste sur le fait que l'augmentation du salaire minimum n'est pas une revendication abstraite, mais une nécessité sociale, économique et morale. Des revenus plus élevés pour les travailleurs faiblement rémunérés peuvent soutenir la consommation intérieure, renforcer le système de sécurité sociale et réduire la dépendance à l'égard des prestations sociales supplémentaires.

En réponse aux arguments avancés par les employeurs, notamment l'Union des entreprises luxembourgeoises, qui mettent en garde contre les risques pour la compétitivité, l'OGBL fait valoir que de nombreuses entreprises disposent de réserves financières suffisantes et que plusieurs secteurs sont très rentables. Compte tenu des gains de productivité enregistrés ces dernières années, le syndicat estime qu'il est logique de répartir plus équitablement la richesse créée.

Le salaire minimum, souligne Nora Back, ne concerne pas un groupe marginal, mais des dizaines de milliers de travailleurs — des jeunes, des femmes et des employés dans des secteurs clés tels que le nettoyage, la restauration et le commerce de détail. Ces professions sont fondamentales pour le fonctionnement de la société et, selon le syndicat, méritent une reconnaissance adéquate, y compris financière.

L'OGBL appelle le gouvernement à repenser ses priorités et à aller au-delà de simples ajustements mineurs. Le syndicat estime que sans une politique salariale audacieuse, la lutte contre la pauvreté restera lettre morte. Le Luxembourg, avec ses ressources considérables, a la responsabilité de garantir des conditions de travail décentes et de maintenir la cohésion sociale à long terme.

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Dernière mise à jour
11.02.26

Les sources des photos utilisées: Alexander Mils, Unsplash

Auteurs: Alex Mort