Des jeunes luxembourgeois se sont mobilisés pour défendre la démocratie

Tahir osman, Unsplash
Des représentants des organisations de jeunesse CSV, DP, LSAP et déi Gréng ont signé la charte constitutive d’un nouveau groupe de réflexion baptisé « Plateforme pour la démocratie ». L’objectif principal de cette alliance multipartite sera d’élaborer des propositions concrètes destinées au débat public et de défendre de manière proactive les institutions démocratiques du pays. Les participants au projet soulignent que les tendances autoritaires actuelles à l'étranger – notamment les coupes budgétaires dans le secteur public, le non-respect des décisions de justice et l'exclusion des parlements du processus de décision militaire – mettent en évidence la vulnérabilité des normes démocratiques. À cet égard, Fabricio Costa, représentant de déi Gréng, a fait remarquer que le Luxembourg n’est pas un État isolé et que des mesures préventives s’imposent dès aujourd’hui.
L'organisation considère comme ses principales priorités le développement d'institutions favorisant la participation directe des citoyens, le renforcement du contrôle des plateformes numériques et des nouvelles technologies, ainsi que la protection globale d'une presse libre. Selon les participants, la régulation de l'espace en ligne est devenue une nécessité urgente dans la lutte contre les discours de haine. À l’appui de cette position, Michael Agostini, représentant du DP, a lu des insultes homophobes publiées sur les réseaux sociaux à l’encontre du ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel. De son côté, Stefano D’Agostini, du CSV, a appelé à la mise en place d’assemblées citoyennes et de débats ouverts fondés sur le respect des points de vue opposés.
Malgré des divergences d'opinion sur un certain nombre de questions politiques, les fondateurs de la plateforme se présentent comme les représentants des forces centristes, unis par la volonté de préserver l'ordre constitutionnel. Cependant, l’ADR n’a pas été invitée à participer en raison de déclarations publiques de ses membres qui contredisent les principes fondateurs de la nouvelle organisation, parmi lesquels figurent l’égalité des sexes, la protection des droits des minorités et l’intégration européenne. Néanmoins, la représentante des socialistes, Danielle Filbig, a souligné que cette alliance ne visait aucune force politique en particulier et restait ouverte à toute coopération avec d’autres organisations. La création de la plateforme s’inscrit dans la continuité du travail commun mené par de jeunes responsables politiques qui, un an plus tôt, avaient procédé à un « test de résistance » des institutions de l’État luxembourgeois et adressé une lettre ouverte aux dirigeants du pays.





