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Les jeunes médecins luxembourgeois réclament des réformes

Dernière mise à jour
17.02.26
Doctors on the strike in Belgium

Getty Images

Le Luxembourg est confronté à une pénurie croissante de médecins, et ce problème est de plus en plus lié non seulement à la démographie, mais aussi aux conditions dans lesquelles les spécialistes sont formés. Selon l'Association luxembourgeoise des médecins en voie de spécialisation (ALMEVS), environ un tiers des étudiants en médecine luxembourgeois ne rentrent pas dans leur pays d'origine après avoir terminé leurs études à l'étranger. La principale raison invoquée est la phase de spécialisation, c'est-à-dire les quatre à six dernières années de formation, pendant lesquelles les médecins travaillent déjà avec des patients mais poursuivent encore officiellement leurs études.

Actuellement, environ 250 jeunes médecins suivent une spécialisation dans le pays, dans des hôpitaux, des centres ambulatoires, à l'Université du Luxembourg ou dans des cabinets privés. Cependant, comme le souligne Yoon Penning, vice-président de l'ALMEVS, leur statut professionnel n'est pas clairement défini. Certains sont employés comme salariés, d'autres comme indépendants, alors qu'ils exercent des fonctions identiques et assument des responsabilités comparables. En conséquence, leurs conditions de travail, leurs horaires et leurs niveaux de rémunération varient considérablement.

Le problème est particulièrement aigu compte tenu du coût élevé de la vie au Luxembourg. Selon Penning, le retour dans le pays relève davantage d'une motivation personnelle que d'un choix rationnel pour de nombreux médecins. Parallèlement, la charge de travail peut atteindre 40, 60 voire plus de 100 heures par semaine, selon le service, et les rémunérations supplémentaires pour les gardes et les heures supplémentaires varient d'un hôpital à l'autre.

L'ALMEVS insiste sur le fait que les jeunes médecins ne doivent pas être considérés comme des étudiants. Malgré la présence d'un mentor, ils sont souvent les premiers, et parfois les seuls, médecins auxquels les patients s'adressent la nuit dans les services d'urgence. Cependant, il n'existe toujours pas de liste claire de leurs droits et responsabilités, et les mécanismes de protection en cas de conflits ou de litiges professionnels restent vagues.

Les conséquences sont déjà perceptibles : même dans les domaines populaires, il reste des postes à pourvoir. L'année dernière, selon l'association, il y avait plus de postes proposés en médecine générale que de candidatures ou de résultats d'examens réussis. Cela contraste avec la situation dans plusieurs autres pays européens, où la concurrence pour les postes de résidents reste forte.

Depuis mars dernier, l'ALMEVS négocie avec le ministère de la Santé afin d'établir une convention unique pour les médecins en spécialisation. Les principales exigences comprennent la standardisation des horaires de travail, la transparence des règles relatives aux gardes et aux heures supplémentaires, ainsi que l'égalité d'accès aux possibilités de formation, y compris le financement de la participation à des conférences.

Un autre litige concerne les salaires. L'association souhaite qu'ils soient alignés sur ceux de la catégorie A1 de la fonction publique, le niveau le plus élevé de l'échelle salariale de la fonction publique, destiné aux postes exigeant un master. « Nous avons tous étudié pendant quatre à six ans à l'université. Cela correspond au niveau A1. Mais nos postes sont nettement moins bien rémunérés », souligne M. Penning.

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17.02.26

Les sources des photos utilisées: Getty Images

Auteurs: Alex Mort