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Une crise de l'assurance maladie se profile

Dernière mise à jour
22.05.26
Healthcare in Luxembourg

A. Calvar, Unsplash

La Caisse nationale de santé (CNS) du Luxembourg est confrontée à un grave déficit financier qui menace d'épuiser ses réserves dès l'année prochaine. Afin d'éviter d'avoir à augmenter les taux de cotisation, des groupes de travail spécialisés élaboreront d'ici l'automne un ensemble de mesures de réduction des coûts. 

Le directeur du CNS, José Balanzategui, a fait remarquer que le niveau de dépenses inefficaces dans les systèmes de santé à l'étranger est généralement estimé entre 15 et 20 %, et que le Luxembourg ne fait pas exception. Selon lui, l'agence a commencé à identifier certains postes budgétaires qui échappaient à tout contrôle – en particulier les dépenses liées à la kinésithérapie et aux analyses de laboratoire – dès 2015-2016 ; toutefois, les mesures prises à l'époque se sont avérées insuffisantes dans un contexte de vieillissement de la population et d'émergence de nouvelles méthodes de traitement coûteuses.

Le CNS a désormais l'intention de renforcer les contrôles sur les arrêts maladie de longue durée, dont le coût est entièrement pris en charge par la caisse d'assurance maladie après 77 jours d'incapacité de travail ininterrompue. Une augmentation du nombre de ces cas a été enregistrée dans tous les secteurs de l'économie, mais elle est particulièrement marquée dans les secteurs de la santé et de la construction. Malgré l'absence de preuves directes d'abus délibérés de la part du public, l'agence prévoit d'exiger des médecins qu'ils fournissent des codes de diagnostic plus précis dans les certificats médicaux. Parallèlement, un examen approfondi sera mené sur la durée moyenne des séjours hospitaliers et sur la pratique consistant à prescrire des médicaments coûteux au lieu d'alternatives moins onéreuses.

Le poste de dépenses le plus important du budget reste la rémunération du personnel médical. Citons par exemple la rémunération des radiologues, qui est passée au cours des cinq dernières années de 600 000 euros à près de 950 000 euros par spécialiste. À cet égard, la CNS procède actuellement à la mise à jour de la liste des actes médicaux, en vue d’ajuster les coefficients tarifaires gonflés. Toutefois, ce processus est compliqué par le conflit prolongé entre le gouvernement et l’Association des médecins et dentistes (AMMD), qui a résilié unilatéralement ses accords avec la CNS. Le syndicat médical exige la suppression de la clause relative aux « services privés », qui permet de percevoir auprès des citoyens des tickets modérateurs non remboursés par la caisse d’assurance maladie ; toutefois, la direction de la caisse d’assurance maladie souligne que céder sur cette question conduirait à la création d’un système de santé à deux vitesses. Le Premier ministre Luc Frieden ayant déjà totalement exclu un tel scénario, la réglementation des tarifs devrait être approuvée par un décret spécial du Grand-Duc.

Malgré les appels lancés par l’AMMD pour faire venir rapidement davantage de médecins dans le pays afin de réduire les délais d’attente, Balanzategui a déclaré qu’il n’existait pas de problèmes systémiques concernant l’accès aux soins de santé au Luxembourg, à l’exception d’une pénurie de personnel dans le domaine de la psychiatrie. Résumant la position du fonds, le directeur a souligné que le CNS ne fonctionnait pas comme une banque commerciale, mais visait à fournir aux citoyens assurés des traitements en temps opportun au meilleur prix possible. Par ailleurs, la ministre de la Santé, Martine Deprez, avait également confirmé auparavant que le système de santé national ne deviendrait pas moins cher dans un avenir proche.

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Dernière mise à jour
22.05.26

Les sources des photos utilisées: A. Calvar, Unsplash

Auteurs: Alex Mort