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Luxtoday

Il n'y aura plus de responsabilité pénale à partir de 13 ans

Dernière mise à jour
20.07.26
Judgement in Luxembourg

Getty Images

Le gouvernement luxembourgeois a été contraint de revoir une réforme de grande envergure du système de justice pour mineurs après que le Conseil d'État a relevé de graves incohérences juridiques dans le projet de loi. Cet ensemble de trois projets de loi, initialement présenté par le gouvernement précédent il y a quatre ans, vise à établir une distinction claire entre les mesures de protection de l'enfance et le droit pénal. Bien que les ministres concernés, Élisabeth Margue et Claude Meisch, aient apporté des modifications aux textes l'année dernière, les versions actualisées se sont une nouvelle fois heurtées à des objections formelles de la part de la plus haute instance consultative du pays.

L'un des éléments clés de cette réforme est le projet de loi n° 7991, qui instaure, pour la première fois au Luxembourg, un cadre pénal spécifique pour les mineurs. Ce projet de loi fixe l'âge de la responsabilité pénale à 13 ans. L'accent est mis sur une approche axée sur la réinsertion : les jeunes qui reconnaissent leur culpabilité et coopèrent à l'enquête pourront bénéficier de sanctions alternatives. 

Le Conseil d’État a toutefois formulé six objections formelles à l’encontre de ce document. La disposition autorisant les mineurs à renoncer à leur droit à un avocat a suscité les plus vives inquiétudes. Cet organe consultatif insiste sur le caractère obligatoire de la représentation juridique, compte tenu de la vulnérabilité de cette tranche d’âge. Par ailleurs, les règles régissant l’échange de données entre la police et le ministère des Affaires familiales ont été critiquées, tout comme l’absence de réglementation claire régissant les interactions entre le système judiciaire et l’Agence nationale de protection de l’enfance.

Le deuxième projet de loi, le n° 7994, vise à séparer complètement les poursuites pénales des mécanismes de protection des mineurs. Dans le cadre de cette initiative, la Direction nationale des affaires de l’enfance deviendrait l’organisme central chargé de superviser à la fois les mesures d’accompagnement volontaires et les procédures judiciaires. Toutefois, le Conseil d’État a souligné l’insécurité juridique concernant l’autorité parentale et a critiqué la possibilité de tenir des audiences à huis clos devant les juges des tribunaux pour mineurs. Selon le Conseil, les audiences devraient, par défaut, rester publiques, et les procédures à huis clos ne devraient être autorisées que dans des cas exceptionnels.

Une situation similaire s'est présentée avec le troisième projet de loi, le n° 7992, qui régit la protection des mineurs témoins et victimes d'infractions pénales. Ce projet de loi a été renvoyé pour être remanié en raison de la formulation vague de certaines dispositions, qui ne garantissent pas une clarté juridique suffisante avant l'entrée en vigueur de la loi.

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Dernière mise à jour
20.07.26

Les sources des photos utilisées: Getty Images

Auteurs: Alex Mort