Le gouvernement luxembourgeois a présenté un nouveau plan national en faveur de l'inclusion

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À l’heure actuelle, environ 14,6 % de la population luxembourgeoise – soit environ 94 000 personnes – présente un handicap physique, sensoriel, intellectuel ou invisible. Afin de protéger leurs droits et de favoriser leur intégration, le gouvernement a présenté son troisième plan d’action national. Ce document contient 119 mesures spécifiques, regroupées en 50 objectifs répartis dans sept domaines clés : allant de la garantie de l’égalité et de l’accessibilité dans les soins de santé à l’emploi et à la coopération internationale. Parallèlement, un changement de paradigme conceptuel est devenu l’élément central de cette stratégie : ce ne sont plus les personnes en situation de handicap qui doivent s’adapter à leur environnement, mais la société elle-même qui doit s’adapter en amont à leurs besoins.
Comme l'a souligné Max Hahn, ministre chargé des Affaires familiales, l'inclusion doit englober tous les aspects de la vie quotidienne, y compris le sport, le tourisme et même les formations aux premiers secours. Parallèlement, l'accessibilité à l'emploi dans les secteurs privé et public doit encore être considérablement améliorée.
Des changements importants sont également attendus dans le domaine juridique. La ministre de la Justice, Élisabeth Margue, a annoncé une réforme du système de tutelle ; le projet de loi correspondant devrait être présenté l'année prochaine. Ces réformes s'appuieront sur le principe de subsidiarité : avant de désigner un tuteur, les juges devront examiner si des mesures moins restrictives pourraient être appliquées. En outre, un système de délais sera mis en place, garantissant que l'efficacité de chaque décision judiciaire soit régulièrement réexaminée. Les procédures judiciaires seront clarifiées afin de permettre aux citoyens de déposer plus facilement des plaintes ou de formuler des demandes de renseignements.
Ce plan prévoit la transformation des systèmes de santé et d’éducation, en mettant l’accent sur la mise en place de conditions adaptées aux personnes hypersensibles au bruit ou à la lumière. Le ministère de la Santé a défini comme priorité l’amélioration du diagnostic des troubles neurologiques chez les enfants. Le ministre de l'Éducation, Claude Meisch, a souligné que le soutien nécessaire est souvent apporté trop tard, car les troubles du développement ne sont identifiés que lorsque l'enfant entre à l'école, à l'âge de trois ou quatre ans.
La solution proposée consiste à renforcer la coordination entre les établissements d'enseignement, les services de protection de l'enfance et les autorités sanitaires pendant la petite enfance. Afin de favoriser l'intégration à l'école, le gouvernement prévoit d'étendre le réseau des centres d'excellence et de créer des antennes régionales pour rendre l'accompagnement par des experts plus accessible. Il est également prévu de rendre les écoles de musique et les conservatoires plus inclusifs.
Bien que la crise du logement touche l'ensemble de la population luxembourgeoise, les auteurs du document reconnaissent que trouver un logement représente un défi encore plus grand pour les personnes en situation de handicap. À cet égard, les efforts dans ce domaine viseront à garantir la plus grande autonomie et indépendance possibles en matière de logement.
Élaboré avec la participation de 20 ministères, ainsi que d’organisations de défense des droits de l’homme telles qu’Info-Handicap, Okaju et le Bureau du Médiateur, ce plan fera l’objet d’évaluations internes annuelles. Au bout de cinq ans, une évaluation externe indépendante sera menée afin d’évaluer dans quelle mesure les 119 mesures ont été mises en œuvre et d’analyser les raisons de d’éventuels retards.





