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Les étudiants s'opposent à l'interdiction des réseaux sociaux au Luxembourg

Dernière mise à jour
26.02.26
Smartphones in schools of Luxembourg

Getty Images

La Conférence nationale des étudiants luxembourgeois (CNEL) a critiqué les propositions visant à instaurer un âge minimum de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux, affirmant qu'une telle mesure reviendrait en fait à une interdiction et ne résoudrait pas les problèmes liés à l'environnement numérique. Cette position est exposée dans la conclusion officielle de l'organisation dans le cadre des discussions sur une éventuelle norme européenne.

Le CNEL reconnaît que l'objectif de « renforcer la protection des mineurs » est « légitime et nécessaire ». Cependant, selon les étudiants, une limite d'âge universelle est une réponse simpliste à une question complexe. Les réseaux sociaux, souligne l'organisation, font désormais partie intégrante du quotidien des jeunes, leur offrant un espace de communication, d'expression personnelle et de participation au débat public.

Dans le même temps, le CNEL ne néglige pas les risques. Ceux-ci comprennent l'utilisation excessive et le développement de comportements addictifs, les problèmes de santé mentale, le cyberharcèlement, la propagation de fausses informations et les menaces pour la protection des données personnelles. Une attention particulière est accordée aux algorithmes qui « maximisent délibérément l'attention » des utilisateurs et peuvent renforcer des comportements problématiques.

Malgré cela, l'organisation estime qu'une interdiction jusqu'à l'âge de 16 ans ne fera que retarder l'exposition des adolescents aux risques numériques sans leur fournir les compétences nécessaires à une utilisation responsable des médias. En outre, le CNEL souligne la vulnérabilité technique des contrôles d'âge stricts : ils sont faciles à contourner, ce qui remet en question l'efficacité de la réglementation.

Les frontières floues entre les réseaux sociaux, les services d'information et les plateformes vidéo ajoutent à la complexité. Sans une définition claire de ce qui relève exactement de la catégorie « réseau social », toute législation risque de créer une incertitude juridique et des difficultés pratiques dans son application.

Au lieu de mesures prohibitives, le CNEL propose quatre axes prioritaires. Premièrement, l'introduction systématique de l'éducation aux médias dans les écoles, notamment la compréhension des algorithmes, la reconnaissance de la désinformation et la protection des données personnelles. Deuxièmement, la sensibilisation des parents et des enseignants afin qu'ils puissent accompagner les adolescents dans l'environnement numérique. Troisièmement, le renforcement de la réglementation des plateformes elles-mêmes, notamment en matière de conception manipulatrice. Et enfin, le développement de mécanismes réalistes de vérification de l'âge qui ne se transforment pas en interdiction déguisée.

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26.02.26

Les sources des photos utilisées: Getty Images

Auteurs: Alex Mort