How will the chèque-service accueil change in Luxembourg?

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La réforme du chèque-service accueil (CSA), l'un des principaux instruments de la politique familiale luxembourgeoise, entre dans une nouvelle phase. Le 12 janvier 2026, la ministre de l'Éducation, Claude Meisch, a présenté un ensemble de mesures qui traitent simultanément des finances familiales, de la disponibilité des places dans le système de garde d'enfants et de la qualité des soins eux-mêmes. Il s'agit essentiellement d'une refonte du modèle en place depuis 2008, qui tient compte de l'évolution des réalités sociales et économiques.
Selon le ministre, l'accent est mis principalement sur la qualité. Les autorités sont guidées par une logique simple : des soins de haute qualité dans le système éducatif informel ont une incidence directe sur le développement émotionnel, les compétences linguistiques et d'apprentissage de l'enfant. La réforme prévoit donc d'investir dans du personnel qualifié, dans la formation continue systématique, dans l'amélioration du statut et de la rémunération des assistants maternels, ainsi que dans des ressources supplémentaires pour une alimentation saine et équilibrée. La qualité n'est pas ici considérée comme un slogan abstrait, mais comme un ensemble de conditions spécifiques, allant des effectifs aux pratiques quotidiennes.
La CSA joue depuis longtemps le rôle d'ascenseur social. L'introduction en 2017 de l'accès partiellement gratuit (20 heures) pour les jeunes enfants et de l'accès totalement gratuit pour les écoliers dans les maisons relais à partir de 2022 a rendu l'accès à l'éducation informelle pratiquement universel. Quels que soient les revenus de leur famille ou la langue parlée à la maison, les enfants ont la possibilité de partir sur un pied d'égalité. Parallèlement, le système facilite la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, réduisant ainsi le risque de pauvreté infantile, un problème qui reste sensible même dans les pays prospères.
L'aspect financier de la réforme aura un impact particulièrement notable sur le budget des familles. L'État prendra en charge les deux tiers des coûts qui étaient auparavant à la charge des parents. En fonction des revenus du ménage, les économies pourraient s'élever à plusieurs milliers d'euros par an. Le barème CSA actualisé tiendra compte de manière plus précise des niveaux de revenus, ce qui devrait renforcer l'aide ciblée et réduire davantage la pauvreté des enfants. Au total, le gouvernement estime que les familles économiseront environ 79 millions d'euros par an.
Parallèlement, des règles de facturation uniformes et plus transparentes seront mises en place. Toutes les structures d'accueil appliqueront les mêmes tarifs, sans frais supplémentaires ni suppléments « cachés ». Le paiement sera lié au nombre d'heures effectivement passées par l'enfant dans la structure, plutôt qu'à des forfaits fixes, ce qui devrait éliminer les déséquilibres et rendre les coûts prévisibles pour les parents.
Un autre point stratégique important est la promesse de garantir une place dans le système de garde à tous les enfants qui en ont besoin d'ici 2030. À cette fin, l'État augmente le financement horaire des structures de 6 à 7 euros par enfant, introduit une nouvelle forme de compensation pour toutes les institutions à partir de 2027 et ajoute des subventions pour la location de locaux. Il s'agit d'une tentative visant à assurer la stabilité financière d'un secteur qui a été confronté à une augmentation des coûts et à une pénurie de personnel ces dernières années.
La réforme touche également la gestion du système. Un contrôle accru, des règles uniformes et une responsabilisation plus claire devraient garantir que les fonds publics servent véritablement la mission publique de l'éducation non formelle. Dans ce contexte, une nouvelle agence publique est en cours de création : l'Agence pour le développement de la qualité dans les secteurs de l'enfance et de la jeunesse (AQUEN). Ses missions comprendront l'amélioration de la qualité, l'innovation pédagogique et la professionnalisation de tous les acteurs du système.





