Les règles régissant l'activité des assistantes maternelles feront l'objet d'une révision

Yunus Tuğ, Unsplash
Le ministère luxembourgeois de l'Éducation a élaboré le projet de loi n° 8686, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Ce projet de loi modifiera les conditions de travail des assistantes maternelles agréées. Actuellement, le dispositif public de prise en charge de la petite enfance (Chèque-Service Accueil) prend en charge 5,40 € par heure de travail d’une assistante maternelle ; toutefois, celles-ci sont en droit de pratiquer des tarifs plus élevés, la différence étant à la charge des parents.
En vertu des nouvelles règles, les tarifs seront liés aux niveaux de qualification des assistantes maternelles, qui seront répartis en trois catégories. Cela pourrait entraîner une augmentation des revenus pour certaines professionnelles et une baisse pour d’autres. L’une des principales nouveautés sera l’indexation des tarifs et la mise en place d’un mécanisme de compensation visant à stabiliser les revenus. Par ailleurs, le coût maximal du repas principal, pris en charge par les parents, passera de 4,50 € à 7 €. La réforme prévoit également 20 heures de garde gratuites par semaine pour chaque enfant, comme c’est déjà le cas dans les crèches. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du programme d’éveil linguistique. Pour exercer dans ces conditions, les professionnels devront suivre une formation complémentaire et justifier d’une maîtrise de l’une des langues officielles du Luxembourg à un niveau au moins équivalent à B2.
Parallèlement, cette réforme suscite un débat au sein même de la profession, dont les membres exercent en tant qu’indépendants. Certains soulignent que les conditions de travail des nounous s’alignent de plus en plus sur celles du personnel des crèches, mais qu’elles ne bénéficient pas des mêmes garanties sociales, telles que les congés payés. D'autres demandent au ministère compétent de revoir le système de rémunération des congés afin d'alléger la charge financière. Néanmoins, certains professionnels voient ces changements d'un œil positif, soulignant que la charge administrative accrue, notamment les rapports détaillés, contribue à analyser et à améliorer la qualité des services fournis.
Dans un contexte de changements imminents, la profession continue de perdre en popularité sur le marché du travail. Les statistiques du ministère compétent font état d’une tendance négative : rien que l’année dernière, 29 autorisations de travail ont été révoquées, tandis que seules trois ont été délivrées. Au cours des cinq dernières années, les autorités ont retiré 185 autorisations et n’ont approuvé que 35 nouvelles demandes. On compte actuellement un peu plus de 300 assistantes maternelles enregistrées au Luxembourg, bien que les autorités insistent sur la nécessité de promouvoir cette profession en tant que composante importante du système éducatif informel.





