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Les impôts

Existe-t-il des avantages fiscaux pour les startups ?

Depuis des décennies, le Luxembourg conserve son statut de l’un des centres financiers les plus attractifs au monde ; toutefois, la stratégie économique actuelle du Grand-Duché est axée sur une diversification en profondeur. Au cœur de cette transformation se trouve la création d’un environnement aussi favorable que possible pour les start-ups technologiques. Dans cet article, nous examinerons les incitations fiscales mises en place par le Luxembourg pour favoriser la croissance de ce secteur.

Dernière mise à jour
24.04.26

Le gouvernement a mis en place un système complexe mais cohérent d'incitations fiscales, de subventions directes et de mesures d'encouragement à l'investissement, destiné à faire de ce petit pays le premier pôle d'innovation en Europe. En 2025 et 2026, ce système aura atteint sa pleine maturité, offrant aux entrepreneurs non seulement des taux d'imposition effectifs bas, mais aussi des mécanismes uniques pour attirer les capitaux privés et les talents.

Structure fiscale des entreprises

Pour bien comprendre les incitations fiscales, il convient tout d'abord d'examiner le barème fiscal de base, qui constitue en soi un avantage concurrentiel. Au Luxembourg, la fiscalité des entreprises comprend trois volets : l'impôt sur les sociétés (IS), la taxe communale sur les activités économiques (TCAE) et une contribution au fonds de solidarité. Depuis le 1er janvier 2025, la législation fiscale a fait l'objet de modifications importantes visant à alléger la charge fiscale globale pesant sur les entreprises.

Jusqu'en 2025, le taux standard de l'impôt sur les sociétés pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépassait 200 000 € était de 17 %. Une nouvelle législation a abaissé ce seuil, rendant ainsi la juridiction plus attractive pour les start-ups en pleine croissance qui entrent dans une phase d'expansion et de rentabilité.

Taux d'imposition
Paramètre fiscalSituation en 2024Situation en 2025
Taux standard de l'impôt sur le revenu (revenu inférieur à 175 000 EUR)15 %14 %
Taux standard de l'impôt sur le revenu (revenu > 200 000 €)17 %16 %
Contribution au Fonds de solidarité (7 % de l'impôt sur les sociétés)1,19 % (pour un taux d'imposition des sociétés de 17 %)1,12 % (pour un taux d'imposition des sociétés de 16 %)
Taxe professionnelle (Ville de Luxembourg)6,75 %6,75 %
Taux d'imposition effectif (Ville de Luxembourg)24,94 %23,87 %

La réduction du taux d'imposition global à 23,87 % dans la capitale constitue un signal fort pour le marché. Pour les start-ups dont le chiffre d'affaires est faible (jusqu'à 175 000 €), le taux d'imposition effectif sera encore plus bas, ce qui leur permettra de réinvestir davantage de ressources dans le développement de leurs produits dès les premières phases.

Simplification de l'impôt sur la fortune

Le Luxembourg est l’un des rares pays à avoir conservé l’impôt sur la valeur nette (NWT). Toutefois, en 2025, le système a été réformé afin de lever les incertitudes constitutionnelles et de simplifier les calculs. Le montant minimum de l’NWT est désormais lié uniquement au total du bilan de l’entreprise, ce qui facilite la planification financière des start-ups qui peuvent disposer d’actifs importants (tels que des fonds levés) mais qui ne génèrent pas encore de bénéfices.

  • Pour les entreprises dont le total du bilan ne dépasse pas 350 000 €, le montant minimum de la taxe sur la valeur nette (NWT) est de 535 €. 1
  • Pour les entreprises dont le total du bilan se situe entre 350 001 € et 2 000 000 €, l'impôt s'élève à 1 605 €.
  • Si le solde dépasse 2 000 000 €, l'impôt s'élève à 4 815 €.

Cette réforme remplace l'ancien barème d'imposition progressif et rend les obligations fiscales plus prévisibles.

Régime de propriété intellectuelle

L'un des outils les plus efficaces pour les start-ups technologiques est le régime dit « IP Box ». En vertu de l'article 50ter de la loi relative à l'impôt sur le revenu (LITL), le Luxembourg accorde une exonération fiscale de 80 % sur les revenus nets tirés de l'exploitation de certains droits de propriété intellectuelle.

L'allègement fiscal ne s'applique pas à l'ensemble des bénéfices de l'entreprise, mais uniquement aux revenus provenant d'actifs éligibles. Il s'agit notamment des brevets, des modèles d'utilité et, ce qui est particulièrement important pour les start-ups, des logiciels protégés par le droit d'auteur.

Afin de se conformer aux normes internationales de l'OCDE, le Luxembourg applique l'« approche Nexus ». L'essence de cette approche réside dans le fait que l'avantage fiscal doit être proportionnel aux dépenses réelles de recherche et développement (R&D) engagées par l'entreprise spécifiquement au Luxembourg.

Crédit d'impôt pour les investisseurs dans les start-ups

Le 1er janvier 2026, une nouvelle loi (fondée sur le projet de loi n° 8526) est entrée en vigueur au Luxembourg, instaurant un crédit d'impôt pour les particuliers qui investissent dans des entreprises jeunes et innovantes. Ce dispositif vise à encourager l'afflux de capitaux privés dans l'écosystème et à soutenir les investisseurs providentiels.

Le crédit d'impôt s'élève à 20 % du montant total de l'investissement. Il s'agit d'une déduction directe de l'impôt sur le revenu dû par l'investisseur, et non d'une simple réduction de l'assiette fiscale, ce qui rend cette mesure incitative extrêmement avantageuse.

L'investisseur doit être résident luxembourgeois ou un non-résident assimilé à un résident. Une restriction importante : l'allègement fiscal ne s'applique pas aux fondateurs de la start-up ni à ses salariés ; il est spécifiquement destiné aux investisseurs privés externes.

Pour qu'un investisseur puisse bénéficier de cette mesure incitative, la start-up doit être certifiée et répondre aux critères suivants :

  • Moins de cinq ans à compter de la date d'enregistrement à la fin de l'exercice fiscal.
  • Un effectif compris entre 2 et 50 employés permanents.
  • Chiffre d'affaires ou total du bilan ne dépassant pas 10 millions d'euros.
  • Les dépenses de R&D doivent représenter au moins 15 % du total des coûts d'exploitation de l'entreprise au cours d'au moins une des trois dernières années.

Aides et subventions publiques

Les incitations fiscales ne constituent qu'une partie du dispositif de soutien. Le Luxembourg met activement en œuvre des mécanismes de financement direct et sans dilution par l'intermédiaire de son agence nationale pour l'innovation, Luxinnovation, et du ministère de l'Économie.

Statut d'entreprise jeune et innovante (YIE)

Les entreprises bénéficiant de ce statut peuvent prétendre à un cofinancement pouvant atteindre 70 % de leurs coûts pendant une période maximale de trois ans. Le montant maximal de l'aide est plafonné à 1 million d'euros. Pour bénéficier de ce statut, les entreprises doivent démontrer le caractère innovant du projet et le risque d'échec technologique, ainsi que confirmer que leurs dépenses de R&D dépassent 15 % de leur budget d'exploitation.

Le programme d'accélération « Fit 4 Start »

Fit 4 Start est l’un des programmes les plus connus d’Europe destiné aux start-ups en phase de démarrage dans les domaines des technologies numériques, de l’espace et de la santé (HealthTech). Les participants peuvent bénéficier d’une subvention pouvant atteindre 150 000 €, versée par tranches. Outre ce financement, les start-ups bénéficient de six mois d’accompagnement intensif et d’un espace de travail gratuit dans un centre de coworking.

Avantages fiscaux pour les investissements dans les technologies numériques et l'environnement (ITC)

Depuis 2024, le Luxembourg dispose d'un régime actualisé de crédit d'impôt à l'investissement (CII). Ce dispositif s'adresse aux entreprises de toutes tailles, mais il est particulièrement avantageux pour les start-ups qui modernisent leurs installations de production ou mettent en place de nouvelles solutions informatiques.

Le nouveau dispositif prévoit un crédit d'impôt de 18 % sur les investissements et les frais d'exploitation liés à la transformation numérique ou à la transition écologique.

Transformation numérique

Cela comprend la mise en œuvre de technologies telles que l'intelligence artificielle, la blockchain, le cloud computing et la cybersécurité. Le prêt est calculé comme la somme de 6 % (une majoration spéciale) et de 12 % (le prêt à l'investissement général).

La transition écologique

Soutien aux projets qui permettent de réduire la consommation d'énergie d'au moins 20 % ou les émissions de gaz à effet de serre de 40 %.

Pour bénéficier de ce crédit d'impôt, vous devez d'abord demander un certificat de conformité auprès du ministère de l'Économie. Ce crédit est déduit de l'impôt sur les sociétés, et tout solde non utilisé peut être reporté sur les dix années suivantes.

Avantages fiscaux pour les salariés

Les start-ups sont souvent incapables de verser des salaires conformes au marché, à l'instar des grandes entreprises ; c'est pourquoi le Luxembourg a mis en place des dispositifs permettant aux salariés de percevoir un salaire net plus élevé grâce à des exonérations fiscales.

Le programme « Impatriate »

Depuis 2025, la procédure de demande au titre de ce dispositif a été considérablement simplifiée. Les spécialistes étrangers employés au Luxembourg peuvent désormais bénéficier d'une exonération fiscale de 50 % sur leur salaire annuel (dans la limite de 400 000 €) pendant une période de huit ans.

La principale condition est que le salaire de l'employé soit d'au moins 75 000 € par an. Ce programme permet aux start-ups d'attirer les meilleurs talents du monde entier.

Primes de participation aux bénéfices (Prime Participative)

Les entreprises peuvent verser à leurs salariés des primes liées aux résultats financiers de l'exercice. 50 % de ces primes sont exonérées d'impôt pour le salarié. À partir de 2025, le plafond de ces versements sera fixé à 30 % du salaire annuel du salarié (contre 25 % auparavant), à condition que le montant total des primes versées au sein de l'entreprise ne dépasse pas 7,5 % du bénéfice de l'année précédente.

Caractéristiques propres au secteur

Le Luxembourg réalise des investissements ciblés dans des secteurs spécifiques, apportant ainsi un soutien supplémentaire dans ces domaines.

Technologie spatiale

Le programme LuxIMPULSE finance des projets dans le domaine de la recherche spatiale. Le Centre ESRIC propose un accompagnement à la création d'entreprise et des subventions pouvant atteindre 200 000 € aux start-ups qui exploitent les ressources spatiales.

FinTech

La Luxembourg House of Financial Technology (LHoFT) ne se contente pas de fournir des infrastructures, elle gère également des accélérateurs spécialisés. Elle prévoit notamment la création d’une « AI Factory » destinée à développer des solutions basées sur l’intelligence artificielle pour le secteur financier.

CleanTech

Un programme de subventions doté d'un budget total de 500 millions d'euros est désormais ouvert aux entreprises qui implantent des sites de production dans le secteur des énergies propres (panneaux solaires, batteries).

Comment puis-je bénéficier de ces prestations ?

La plupart des démarches administratives au Luxembourg ont été numérisées. Le portail MyGuichet.lu constitue le principal canal de communication avec l'administration.

Une condition essentielle pour bénéficier de toute forme d'aide est l'«effet incitatif» : la demande doit être déposée avant que le projet ne soit effectivement lancé. Si une entreprise a déjà acheté du matériel ou entamé des travaux de développement, elle perd son éligibilité à une subvention pour cette partie du projet.

De plus, le Luxembourg veille rigoureusement au respect du principe de substance économique. Une start-up doit disposer de locaux physiques, d'un personnel et prendre ses décisions de gestion sur le territoire national. Le simple fait d'enregistrer un siège social ne donne pas droit à des avantages fiscaux ni à des subventions.

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