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La condamnation de Marine Le Pen : la lutte pour la survie politique

Dernière mise à jour
01.04.25
Political scandal in France

Getty Images

Le tribunal de Paris a prononcé une peine stupéfiante à l'encontre de Marine Le Pen : quatre ans de prison, dont deux avec sursis et deux sous bracelet électronique, et une interdiction de se présenter à des élections pendant cinq ans. Ce jugement pourrait anéantir à jamais son rêve de devenir présidente de la France en 2027.

La condamnation de Mme Le Pen est liée à l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen, créés dans l'intérêt de son parti, le Rassemblement national (RN). À ses côtés, 23 autres personnes - des fonctionnaires et des collaborateurs du parti - ont été condamnées.

Mme Le Pen a qualifié le verdict de "politique" et a déclaré qu'elle ferait appel de toute urgence. Dans une interview accordée à la chaîne TF1, elle a déclaré : "Je ne serai pas éliminée si facilement : "Je ne me laisserai pas éliminer aussi facilement. J'emprunterai toutes les voies juridiques possibles. Cette voie est étroite, mais elle existe". Malgré tout, elle n'a pas l'intention de quitter la scène politique et se considère toujours comme la favorite dans la course à la présidence.

Si le verdict est maintenu, le siège de Mme Le Pen en 2027 pourrait revenir à Jordan Bardella, le chef du RN âgé de 29 ans, qu'elle a elle-même décrit comme un digne successeur. Entre-temps, une réunion de crise s'est tenue dans les rangs du parti, les commentaires du monde entier ayant suscité un tollé international.

La décision du tribunal a provoqué la colère d'un certain nombre de politiciens d'extrême droite et d'alliés de Mme Le Pen. La justice française a fait l'objet de vives critiques, de Viktor Orban à Ilon Musk, qui a déclaré que "cela se retournera contre nous, tout comme les attaques judiciaires contre Trump aux États-Unis".

Le ministre français de la justice, Gérard Darmanin, a condamné les "menaces inacceptables" à l'encontre des juges, tandis que le Conseil supérieur de la magistrature a publié une rare déclaration défendant l'indépendance de la justice et s'inquiétant des "attaques féroces".

Selon les derniers sondages, Mme Le Pen arriverait en tête du premier tour de l'élection présidentielle de 2027. Le président actuel, Emmanuel Macron, ne peut pas se présenter pour un troisième mandat. Cela fait d'elle la principale concurrente.

Maintenant que le verdict du tribunal a pris effet immédiatement, sa chance au Palais de l'Elysée est compromise, et un moment de choix stratégique est à portée de main pour le RN. Alors que Mme Le Pen exhorte la justice à "se dépêcher" d'interjeter appel, le sort du mouvement d'extrême droite en France est en jeu.

"Je n'abandonne pas. Je suis innocente", répète-t-elle. Mais même si le tribunal lui donne une chance, la grande question demeure : les Français feront-ils confiance à un homme condamné pour avoir abusé de la confiance des électeurs ?

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01.04.25

Les sources des photos utilisées: Getty Images

Auteurs: Alex