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Luxtoday

Les toilettes unisexes dans les écoles ont suscité une vague de critiques.

Dernière mise à jour
30.01.26
unisex toilets in Luxembourg

Possessed Photography, Unsplash

Le parti CSV s'est fermement opposé à un projet pilote du gouvernement visant à remplacer les toilettes séparées dans les écoles par des installations unisexes dans les nouveaux bâtiments scolaires. Cette initiative a été présentée par Yuriko Backes, ministre de l'Égalité des genres et de la Diversité du Parti démocratique (PD), lors des discussions au sein de la commission parlementaire sur les questions LGBTIQ+.

Le projet a été conçu comme une mesure visant à lutter contre le harcèlement et les brimades à l'école. Cependant, les réactions ont été beaucoup plus critiques que ne l'avaient prévu les autorités. Dans des enquêtes menées par des journalistes de RTL auprès d'écoliers, de nombreux adolescents ont déclaré qu'ils considéraient les toilettes communes comme une violation de leur vie privée. Selon eux, les installations séparées pour les filles et les garçons ne constituent pas une forme de discrimination, mais sont perçues comme une norme naturelle et compréhensible. Certains ont directement fait part de leurs inquiétudes quant à d'éventuels comportements inappropriés dans de tels espaces.

Le ministère de l'Éducation, quant à lui, insiste sur le fait que ce nouveau concept renforce en réalité la vie privée. Christian Ginter, haut fonctionnaire du ministère, explique qu'il ne s'agit pas de salles communes au sens habituel du terme, mais de cabines individuelles complètement isolées, sans urinoirs ni espaces ouverts. Selon lui, cela devrait éliminer les situations de tournage caché, réduire le niveau d'agressivité et de vandalisme, et ainsi renforcer le sentiment de sécurité.

Dans le même temps, le ministère souligne que les écoles conserveront leur liberté de choix et pourront, si elles le souhaitent, maintenir la signalisation des toilettes spécifique au genre. Cependant, ces explications n'ont pas apaisé les tensions. Les réseaux sociaux discutent activement des risques de harcèlement, en particulier à l'encontre des filles.

L'Association nationale des parents d'élèves confirme une augmentation des signalements alarmants. Son président, Alain Massen, souligne que l'adolescence est une période vulnérable en soi et que de nombreuses familles ne sont pas prêtes à accepter l'idée de toilettes communes. Selon l'organisation, un compromis n'est possible que si des cabines unisexes coexistent avec les installations traditionnelles séparées.

La position politique du CSV reste ferme. Le parti estime que les enfants et les adolescents ont besoin de règles claires et de directives stables, en particulier en ce qui concerne les espaces intimes. Le député Ricardo Marques a ajouté que la demande de toilettes unisexes ne figurait pas parmi les revendications des citoyens qui avaient initialement suscité les discussions parlementaires.

À ce stade, on ne sait pas encore si cette initiative restera limitée à un projet pilote, quelles écoles seront concernées et si ce modèle pourrait finalement devenir obligatoire. Le débat montre que la question des infrastructures scolaires dans le contexte de la politique de genre s'est avérée beaucoup plus sensible que ne l'avaient prévu ses auteurs.

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Dernière mise à jour
30.01.26

Les sources des photos utilisées: Photographie possédée, Unsplash

Auteurs: Alex Mort