Le Luxembourg sur la Lune : Tenacious prêt pour l'atterrissage dans le cadre de la mission japonaise

Kamran Abdullayev, Unsplash
L'été 2025 pourrait marquer un tournant dans l'histoire spatiale du Luxembourg. Tenacious, un rover lunaire miniature développé dans le pays, se prépare à son premier alunissage. Il se trouve à bord du module d'atterrissage japonais Resilience, lancé en janvier 2025 par la fusée Falcon 9 de SpaceX. Si la mission est couronnée de succès, le Luxembourg participera pour la première fois directement à une expédition lunaire.
Le rover Tenacious est minuscule par rapport aux rovers planétaires : il ne mesure que 50 cm de long. Il est équipé d'une caméra et d'un godet, avec lesquels il explorera le régolithe lunaire - la poussière et les roches à la surface de la Lune - et transmettra des données à la Terre. L'atterrissage est prévu entre le 6 et le 8 juin, dans l'hémisphère nord de la Lune.
Le véhicule est transporté par ispace, une entreprise japonaise spécialisée dans la construction de plateformes lunaires automatisées. Sa mission Hakuto-R 2, également connue sous le nom de Resilience, fait suite à la tentative de 2023, qui s'est soldée par un échec : le module d'atterrissage s'est en effet écrasé pendant la descente. La raison en est la difficulté de l'atterrissage lui-même : il n'y a pas d'atmosphère sur la Lune, et donc pas de freinage par parachute. L'atterrissage doit donc s'appuyer sur le fonctionnement précis des moteurs et sur la navigation dans un paysage complexe.
Alors que le Luxembourg fait les premiers pas, d'autres puissances envisagent déjà un retour à grande échelle sur la Lune. La NASA travaille sur la mission Artemis III, qui prévoit d'envoyer des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2027-2028. L'agence spatiale chinoise (CMSA) a déjà annoncé officiellement qu'elle prévoyait de mener sa première mission lunaire habitée en 2030. Enfin, l'Agence spatiale européenne (ESA) développe actuellement le module d'atterrissage Argonaut, grâce auquel elle prévoit de se poser sur la Lune en 2031.
Dans ce contexte, la participation du Luxembourg - bien qu'à travers un véhicule de taille modeste - ressemble à une tentative stratégique pour se faire une place dans le futur paysage lunaire, où les petites nations cherchent à contribuer à l'exploration spatiale.

