Une tentative d'économiser de l'argent a privé la mairie de Differdange de chauffage

Maria Ivanova, Unsplash
Depuis le début de l'hiver, une crise couve dans la commune de Differdange, mais il ne s'agit pas d'une crise politique, mais plutôt d'une crise liée à la température. Le bâtiment temporaire de la mairie, où les services ont été transférés en raison de la rénovation à grande échelle du bâtiment principal de l'avenue Charlotte, s'est avéré incapable de résister au froid : le système de chauffage tombe sans cesse en panne, laissant environ 70 employés et fonctionnaires municipaux dans des pièces où la température ne dépasse pas 17 °C.
Le bâtiment lui-même est un ancien hôpital municipal, aujourd'hui transformé en bureaux pour les services ayant peu de contacts avec le public : permis de construire, transports et mobilité, ressources humaines. Les services plus « publics », tels que le bureau des services aux citoyens (Biergeramt), ont été transférés à la résidence Nelson Mandela.
Les problèmes ont commencé presque immédiatement après le déménagement. Comme l'a déclaré un employé, la situation empire à chaque vague de froid : « La température dans les pièces reste constamment comprise entre 14 et 17 degrés, et il est extrêmement difficile de travailler dans de telles conditions. » Malgré les plaintes, le conseil municipal est en quelque sorte devenu otage de sa propre décision : lors du choix du système de chauffage, il a opté pour une option moins coûteuse, mais qui s'est avérée moins fiable.
Le maire Guy Altmeisch explique que le passage au chauffage à pellets a été motivé par la volonté d'être plus respectueux de l'environnement et de s'affranchir du fioul et du gaz. Le système a coûté environ 100 000 euros. Cependant, selon l'un des employés, la solution alternative plus durable proposée par un spécialiste coûtait 30 000 euros de plus, et c'est cette solution qui avait été recommandée pour l'installation. Aujourd'hui, confrontées à des pannes régulières, les autorités sont contraintes d'admettre que leur tentative d'économiser de l'argent s'est retournée contre elles.
La chaudière ne peut pas faire face à la charge les jours de grand froid : les granulés ne fournissent pas suffisamment de chaleur et l'appareil s'arrête dès qu'il atteint 45 °C. À titre de mesure d'urgence, le conseil municipal prévoit désormais d'installer un brûleur à mazout supplémentaire afin de maintenir une température de 60 °C.
Entre-temps, le maire a préconisé une transition partielle vers le télétravail pour les employés, à condition qu'une partie du personnel reste en service dans les bureaux. La rénovation du bâtiment principal de la mairie ne sera achevée que dans trois ou quatre ans, et d'ici là, la situation en matière de chauffage pourrait devenir une épreuve d'endurance, tant pour les employés que pour l'ensemble du système administratif de la ville.





